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Lettre municipale n° 27 . Juillet-Août 2007

mardi 31 juillet 2007

EDITO

Encore un virus dont personne n’est à l’abri.

Effet secondaire malheureux mais inévitable de la démocratie, un dangereux virus contamine certains élus. Il n’y succombe pas tous, mais beaucoup en sont frappés. Pas de rhinorrhée ni de toux, pas de fièvre (quoique...) les symptômes sont faciles à reconnaître, leur banalité cependant n’éveille que rarement votre vigilance. Il est bon de les rappeler afin d’en repérer les victimes, on les appelle "démagogues", du nom de ce virus si répandu : la démagogie.

Le démagogue est chaleureux, expansif, il veut être le meilleur ami de tout le monde.

Le démagogue est culotté, son aplomb est impressionnant, on a très envie de le croire.

Le démagogue ne cherche pas la vérité : il la détient.

Le démagogue est sans scrupule . Le mensonge et la trahison ne l’arrêtent ni dans ses propos, ni dans ses actions. La rumeur est son alliée, la manipulation et le mensonge sont ses armes favorites.

Le démagogue est hypocrite : homme de peu de foi, il ne rate pas une messe. Des cas ont été décrits de démagogues qui se prétendent directement inspirés du Créateur (aux Etats Unis notamment).

Le démagogue méprise les lois, car elles limitent les intérêts particuliers pour protéger l’intérêt général. Or le démagogue se reconnaît par son obstination à prétendre que l’intérêt général n’est que la somme des intérêts particuliers. Beaucoup de démagogues ont eut ainsi maille à partir avec la justice.

Le démagogue est sans mémoire. Son passé ne compte pas. Ses erreurs sont oubliées. L’avenir radieux qu`il vous promet lui rend sa pureté virginale.

Le démagogue n’existe que pour sa carrière. Il ne déteste rien tant que d’être exclu du jeu politicien, il en sort d’ailleurs rarement, sachant naviguer en eau trouble. Il n’a qu’un seul but : être élu ou réélu.

Il existe un seul traitement à cette maladie qui menace les grandes démocraties comme les plus petites collectivités : le discernement de l’électeur qui, par son bulletin glissé dans l’urne peut administrer le remède autant que le mal.

Le discernement est un remède puissant pour peu qu’on l’utilise correctement : regarder les faits réels et se méfier de ce qu’on raconte sont les deux conditions indispensables de son efficacité.

Une troisième condition est cependant nécessaire : ne pas juger seulement à l’aune de son propre intérêt, mais aussi de celui de ses voisins, sans lesquels on ne pourrait vivre.

Quelques grammes de bon sens et d’indulgence ne feront pas de mal, ajoutez à cela une bonne dose de tolérance, et vous ne serez pas loin d’une panacée propre à vous éviter bon nombre de déboires et de désillusions.

Car une fois au pouvoir le démagogue connaît d’énormes difficultés. Le virus ayant gravement atteint son sens des réalités, son comportement oscille alors entre l’indécision et la tentation de favoriser ses amis, deux tendances auxquelles il succombe inévitablement.

Son besoin irrépressible de rester à son poste provoque en lui un dilemme : il ne pourra tenir toutes ses promesses puisque ce qu’il a promis à Paul mécontentera Jacques et vice versa. Il sera donc acculé à fuir ses responsabilités, désigner des coupables : l’Europe, l’Etat, la Région, le Département, l’intercommunalité, l’opinion publique, et même ses propres collaborateurs qui joueront les fusibles si nécessaire.

Car le démagogue souffre d’un grave handicap : Sa communication se limite à l’auto-justification, l’auto-promotion, et l’auto-satisfaction. Assumer son bilan et analyser ses erreurs sont hors de sa portée. Quant à sa capacité de réflexion collective et d’écoute, elles ont subi des dégâts irréversibles, avec de graves perturbations du sens du bien commun.

Quelques mois avant les élections, le corps électoral doit élever ses barrières immunitaires et se faire vacciner contre les marchands de rêve et les manipulateurs de tous poils. Tout n’est pas possible, c’est d’ailleurs pour cela que le possible est si bon.

Eric Regenermel

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