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Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1
18 octobre 2005, par Admin - 5 commentairesEDITO
"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose..." , telle est la devise de l’ancien maire, moins avare de mensonges et de fausses révélations que de projets travaillés. Il a pourtant connu une époque où les subventions pleuvaient de l’Europe et de l’Etat, et il aurait eu tout le temps nécessaire pour bâtir un projet pour Groix. Il a préféré se bâtir une carrière dont il ne reste rien aujourd’hui. Sa gestion opaque a même été épinglée par un rapport de la Cour des Comptes que nous avions alertée dès notre arrivée. Son amertume viendrait-elle du fait que ses successeurs, tout en assainissant les finances, ont réalisé en quatre ans un bilan qu’il n’a pas su faire en deux mandats ?
Quand l’île était sous la chape de son pouvoir absolu, Monsieur Yvon n’a pas dédaigné de l’exercer pour se faire viabiliser un terrain en mitage, il n’oubliait pas non plus sa famille dans les marchés publics (Par jugement du 28 novembre 2002, le Tribunal correctionnel de Nantes l’a ainsi condamné "pour prise illégale d’intérêt par élu public dans une affaire dont il assure le paiement ou la liquidation"). Persuadé qu’il n’existe pas d’autre méthode que le favoritisme réservé au clan, il pense sans doute que les nouveaux élus ne sont pas différents de lui. Nous avons fait campagne pour mettre fin à ce système, nous avons proposé un programme et nous avons été élus. Nos revenus ne dépendent en aucun cas d’une carrière politique, ce qui nous rend plus libres et si nous sacrifions nos vies de famille, ce n’est pas pour nous servir, mais bien servir l’intérêt général.
Des élus municipaux ont eu les honneurs des colonnes de ce journal plein d’éthique et d’objectivité émanant de l’association "Vivre à Groix" (mais signé du seul Gourou).
L’exégèse de ce texte d’anthologie semble suggérer que le maire et quelques uns de ses adjoints auraient pris des intérêts particuliers dans le futur projet de PLU (Calomniez...)
Les Groisillons savent que nous préférons un débat démocratique constructif plutôt que d’avoir à répondre à un niveau d’attaque si lamentable. Mais les mensonges insinuent parfois le doute, et ne peuvent donc être laissés sans démenti :
Premier problème de cet article : il révèle une ignorance dramatique des lois d’urbanisme qui rend moins surprenante l’incapacité de son auteur à élaborer un nouveau POS. On y lit par exemple que certains auraient le droit de construire une extension de leur maison dans la zone des 100 mètres si elle se situe en zone Nr. Faux : La zone des 100 mètres ne permet aucune extension ni garage abri ou caravane, fût-elle en zone Nr.
On y voit aussi la confusion entre les zones Nr et Nh qui correspondent toutes deux à des hameaux, mais la première en zone déjà construite et la seconde en zone à construire. D’autres remarques laissent perplexes : les zones Nda et Nds ne seraient pas aussi protégées l’une que l’autre (allusion au vallon de Kermario) : faux encore. Quant aux zones NA réclamées pour Kermunition, il faut savoir qu’elles ont disparu dans la nouvelle loi SRU (transformées en AU ou Ub si la viabilisation est proche). Enfin les ZAD ne
permettent plus de bloquer les prix du foncier et perdent ainsi tout intérêt.
S’appuyant sur ces remarques techniques truffées d’erreurs, ce journal profère des insinuations sans finesse qui n’honorent pas davantage leur auteur. Il est écrit que le maire aurait pris des intérêts : chacun peut se rendre au cadastre et constater qu’il a perdu des terrains constructibles, comme bien d’autres élus, et ne pourra étendre d’un seul mètre carré sa maison de Kersauce (pour cause de bande des 100 mètres). Sans oser le nommer (peur d’un procès pour diffamation) il met en cause Joël Puillon qui aurait protégé sa belle famille, mais la perfidie du message évite de préciser que presque toute la constructibilité de ce terrain situé à l’apéritif a été supprimée par le PLU. André Tonnerre se trouve posséder des parcelles à Créhal et à Locmaria, ce dernier terrain est enclavé dans des zones constructibles, il aurait sans doute fallu lui supprimer toute constructibilité : ne doutons pas que certains l’auraient fait avec plaisir. Nos philanthropes ont attaqué systématiquement les demandes de permis des élus et de leurs familles, nous ne doutons pas que leur vigilance quelque peu sélective continuera de s’exercer. Joël Tristan (qu’il n’ose pas non plus attaquer nommément) est aussi pris pour cible au sujet de parcelles appartenant à des cousins aux 3e et 4e degré. Situés dans une des futures zones d’extension du bourg, ces terrains n’ont bien sûr pas changé de statut. Comble du paradoxe, il semblerait aussi que l’ancien maire veuille supprimer à notre conseiller ses droits civiques ! Enfin pour finir de sombrer dans le ridicule, l’article suggère qu’une certaine élue route de Port Mélite aurait choisi entre la compagnie des vivants et celle des morts.
Nous atteignons des sommets de mauvaise foi en lisant que notre équipe municipale aurait omis de prévoir des réserves foncières. En 2001 la réserve foncière était de 15 logements (que nous construisons à Mez er Groez) En 2005, grâce aux premiers résultats de notre politique foncière, le potentiel est passé à 30 logements supplémentaires, sans compter la zone artisanale et le parking de Port Tudy que nous avons achetés contre l’avis de Monsieur Yvon.
Tenter de fédérer les mécontentements aboutit bien souvent à soutenir tout et son contraire, car la somme des intérêts particuliers s’accorde rarement avec l’intérêt général. Cela porte un nom : le clientélisme. On fait des promesses à tout le monde, sans se soucier de savoir si elles sont contradictoires. Cela ne fait jamais ni un projet, ni un programme.
Essayer de rassembler une majorité de citoyens sur un projet commun est bien plus difficile : il faut savoir écouter mais savoir aussi dire non en le justifiant, être honnête dans sa relation avec chacun. Les élus locaux sont là pour appliquer la loi, et protéger autant que possible leurs administrés du rouleau compresseur administratif.
A Groix la marge d manoeuvre est plus qu’étroite : les villages et hameaux ne peuvent quasiment pas s’étendre. Restent donc des zones autour du bourg où des jeunes et des actifs pourront s’installer près des commerces et des services. Les lois d’urbanisme sont ainsi faites.
Une fois posé ce cadre législatif, essayons d’imaginer l’île de Groix dans 15 ans à travers deux scénarios opposés :
Scénario 1 : La commune n’intervient pas dans le foncier, elle laisse le marché de l’immobilier continuer l’étalement urbain dans le peu de terrains où la loi Littoral le permet encore. C’est ce qui s’est passé jusqu’en 2001, faute de vision à terme et de projet.
Scénario 2 : La commune constitue des réserves foncières et mène une politique active de logements locatifs et d’accession à la propriété des îliens. Le PLU porte un vrai projet de développement durable, économique, environnemental, agricole, et social. Le travail actuel.
Dans le premier scénario, les jeunes de Groix disparaissent progressivement de l’île. Ils partent faute de logement et la dernière génération des actifs arrive à la retraite. Si le foyer logement connaît sa nième extension, il peine à recruter du personnel soignant. Le départ des agriculteurs a laissé les paysages dans une friche uniforme dont le caractère sauvage ne compense pas la banalité. Même les touristes viennent moins, et les résidents
permanents et secondaires se plaignent du manque de commerces et de services. Les entreprises ne trouvent même plus de locaux pour s’installer.
Le secteur du bâtiment s’essouffle, le terrain manque gaspillé par l’étalement urbain, la loi littoral ayant donné sa limite à l’extension des villages. L’hiver est devenu invivable et l’île se vide complètement dès l’automne. La structure de l’économie s’est effondrée avec le départ des actifs. L’absence de projet et de courage politique a laissé l’île devenir
un mouroir balnéaire.
Dans le second scénario, des espoirs sont permis : la génération qui a réussi à se loger ou à construire trouve et génère des emplois. L’économie locale a réussi à étaler son activité bien au-delà de l’été, et cette île qui a su rester vivante attire en toute saison un tourisme à l’échelle humaine. Les agriculteurs et éleveurs contribuent à préserver la diversité et le charme de l’île. Le bâti se densifie, retrouvant la structure des villages traditionnels et leurs habitudes de convivialité, alimentée par une vie associative et culturelle dynamique. Le bâtiment a encore de beaux jours devant lui, de plus les besoins en économie d’énergie et matériaux nouveaux lui offrent encore un vaste marché de rénovation. L’activité engendrant l’activité, la structure de l’économie s’est renforcée au profit de toutes les générations.
En quatre ans le scénario d’un rebond de l’île est devenu possible, le nombre de nouvelles naissances a nécessité l’ouverture d’une classe supplémentaire, de nouvelles entreprises (dont des agriculteurs) s’installent malgré les contraintes énormes de l’insularité. Souhaitons que l’ambiance exécrable distillée par quelques-uns ne leur gâche pas le plaisir de vivre au sein de notre communauté îlienne dont l’histoire prouve qu’elle
est plutôt dynamique, ouverte, chaleureuse et pleine d’humour.
Eric REGENERMEL
Commentaires
1. > Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1, 19 octobre 2005, 17:18
" - "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose..." , telle est la devise de l’ancien maire, moins avare de mensonges et de fausses révélations que de projets travaillés." Eric REGENERMEL
Monsieur le Maire a rapporté récemment que certaine(s) personne(s) se disaient effrayées des polémiques existant sur ce site. Outre que j’aurais pu répondre alors qu’il n’y a polémiques que s’il y a diversité et échanges (ce qui est pour le moins souhaitable en démocratie), je trouve qu’avec cet édito, il prête également le flanc à cette critique, aussi malvenue soit-elle.
Dans la position difficile (mais juridiquement protégée des mensonges et affabulations de ses adversaires), Monsieur le Maire, s’il voulait réellement, à ses risques et périls électoraux, tuer toute polémique dans l’oeuf ne devrait-il pas s’inspirer du conseil de Freud ? :
"Rien ne sert que continuer et travailler ; ne pas gaspiller trop d’énergie à des réfutations, laisser agir la fécondité de nos conceptions contre la stérilité de celles que nous combattons" et pouvoir dire ainsi de son mandat "Toute l’opposition que l’on m’a faite n’a jamais réussi à me détourner de mon but"
(FREUD-C.G.JUNG Correspondance 1907)
C’est dans une différence qui pourrait n’apparaître pour certains qu’une lutte de personnes, qu’on peut regretter l’absence d’une ligne politique clairement définie de l’action communale. Il serait certainement plus facile de se protéger derrière un programme collectif que réfuter les allégations partisanes d’un ex-élu revanchard ; mais faudrait-il pour cela qu’il y ait cohérence politique dans son équipe ....
AM
PS - Nous avions décidé de ne pas publier la dernière lettre de "Vivre à Groix" qui, effectivement, en période d’enquête publique sur le PLU, risquait d’induire en erreur des personnes peu au fait du "lexique d’urbanisme".
1. > Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1, 19 octobre 2005, 19:40
Et maintenant,en toute objectivité,vous vous devez de publier la lettre de Vivre à Groix,nous l’attendons sur votre site
A T
2. > Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1, 21 octobre 2005, 15:56
le texte en question n’est pas "public", il n’est pas "distribué" à tout le monde.
On ne peut donc pas le reproduire librement...
la lettre municipale est publique, on a le droit de la publier...
TM
2. > Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1, 19 octobre 2005, 23:11
"C’est dans une différence qui pourrait n’apparaître pour certains qu’une
lutte de personnes, qu’on peut regretter l’absence d’une ligne politique
clairement définie de l’action communale. Il serait certainement plus
facile de se protéger derrière un programme collectif que réfuter les
allégations partisanes d’un ex-élu revanchard ; mais faudrait-il pour cela
qu’il y ait cohérence politique dans son équipe ...."
clair, pertinent et politique. Bravo Anita !
Fañch
1. > Lettre municipale N° 20 - septembre octobre 2005 - page 1, 20 octobre 2005, 09:48
notre maire qui, je crois, est responsable de l’information et de la communication sur le continent,
ne va pas tarder à nous dévoiler "sa ligne politique communale".
Un peu de patience, on ne vote pas avant 3 ans !
jpicart