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"Le cauchemar de Darwin". Film fort, qui ne laisse pas indifférent

jeudi 16 novembre 2006

Un avion survole le lac Victoria envahi par la perche du Nil, poisson dévastateur qui a dévoré tous les autres poissons et s’en prend désormais à ses congénères.

Les marchés occidentaux ou japonais sont friands de ses filets sans arêtes et au faible prix de revient. La main d’œuvre est sous-payée en Tanzanie où un gardien de nuit gagne moins d’un euro par nuit, une fiancée à pilote 8 euros.
Dans un pays où la famine touche la moitié de sa population, l’Union européenne favorise et subventionne ce commerce.
Une usine aux normes européennes produit sans discontinuer des tonnes de filets de poissons. Des avions d’Europe de l’Est car les moins chers, acheminent les caisses réfrigérées vers l’Union Européenne.
Officiellement, à l’aller, ils sont à vide où livrent une aide alimentaire, puisque les habitants meurent de faim, mais la présomption de trafic d’armes pèse lourd.
Ce commerce, fructueux, basé sur une catastrophe écologique ne profite pas aux enfants du pays qui se battent pour un bol de riz.
Les têtes et les arêtes seront consommées par une partie de la population.
Elles sont convoyées en vrac vers ce que nous appellerions une décharge. Elles y sont coupées, frites, les arêtes sont séchées, les gens qui les suspendent sur des bâtis de bois marchent sur un tapis d’asticots, respirent des vapeurs d’ammoniac.
Rien ne se perd : les jeunes au ventre creux peuvent calmer leur faim, ils sniffent de la colle fabriquée avec les emballages à poissons, avant de s’endormir comme une masse, à même le trottoir, où ils sont alors à la merci des rôdeurs.

Hubert Sauper (France-Autriche-Belgique, 2004)

Commentaires

  • "Le cauchemar de Darwin". Film fort, qui ne laisse pas indifférent

    C’est effectivement un film édifiant que j’ai fait visionner à mes enfants.
    Mais il faut le voir pour ce qu’il est,un documentaire à charge qui n’est pas un travail journalistique,un peu comme une parabole destinée à secouer notre attentisme.
    Le montage en est remarquable mais il induit chez le spectateur des relations de causes à effets évidentes alors que certaines preuves matérielles manquent.
    Ceci dit c’est à voir , à revoir et à méditer sur les ravages de l’aquaculture non maitrisée.....en autre...
    VB

    • "Le cauchemar de Darwin". Film fort, qui ne laisse pas indifférent

      Oui, entre autre... ce que j’y ai vu, c’est aussi et surtout la mise à sac de l’Afrique et de ses richesses naturelles par nos états ... J’ai été très secouée par ce film... L’absence de preuves concerne peut-être les avions qui atterrissent en Tanzanie avec des chargements mystérieux ??? des armes ??? Rien n’est vraiment dit si j’ai bonne mémoire .
      Si nous nous contentons de penser que les avions partent vides vers l’afrique et repartent pleins de leurs richesses... ce documentaire montre bien comment nos états ont pillé le continent africain.-

      Caroline

    • "Le cauchemar de Darwin"

      Enquête sur le Cauchemar de Darwin par François Garçon, Flammarion. 240 pp., 17 €.

      Livre. Une contre-enquête véhémente menée sur les lieux du tournage sape le film césarisé.
      « Darwin », un documenteur ?

      Une mise en charpie : à la lecture du livre de François Garçon, il ne reste rien du documentaire d’Hubert Sauper le Cauchemar de Darwin, césar du meilleur premier film 2006, nominé aux oscars. Sauper revendiquait dans les colonnes de Libération montrer « sa » réalité de l’Afrique ; mais c’est toute une série de mensonges qui lui est ici reprochée.
      .../... François Garçon est plus intéressé par son combat contre le réalisateur que par le débat qu’il faudrait mener sur ce type de documentaire. Sa jubilation, lorsqu’il se paie les altermondialistes, affaiblit le propos ; les voilà réduits à une bande de naïfs appelant à un boycott de la perche du Nil, aussi imbécile que nuisible pour les pêcheurs tanzaniens.
      Il faudrait désormais aller vérifier sur place tout ce qu’il dit. Car un malaise demeure, une fois le livre refermé : pourquoi tant d’acharnement ?

      Par Sylvie BRIET Libération : 25/11/2006

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