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"Trois élèves par classe"

mercredi 5 mars 2008

"Reportages"

de Jérome Sesquin (Editel)

- Voir l’émission

Ouessant, Batz, Sein, Molène : quatre des quinze îles du Ponant habitées. Or, qui dit habitants, dit enfants. Le collège des îles du Ponant, éclaté entre les différentes terres émergées, force les professeurs à faire la navette, de l’une à l’autre, plusieurs fois par semaine. A Ouessant ou à Batz, les quelques élèves ont droit à des cours quasiment particuliers. A Sein, l’école a fermé depuis le départ de son dernier lycéen pour le continent

Ouessant, Batz, Sein, Molène...Seulement, quatre des quinze îles du Ponant sont habitées. Et qui dit habitants dit enfants, qui dit enfants, dit école et collège. La particularité du collège des îles du Ponant est géographique puisqu’il s’agit d’un collège éclaté sur une poignée d’îles avec des professeurs qui font la navette de l’une à l’autre, plusieurs fois par semaine. A Ouessant, une vingtaine d’élèves de la 6ème à la 3ème suivent des cours particuliers ou presque. A Batz, seuls neuf collégiens fréquentent les salles de classe. Après le départ de son dernier élève pour le lycée sur le continent, Sein a dû mettre son école entre parenthèses. A Ouessant, Sein et Batz, quand ils ne sont pas à l’école, les enfants s’ennuient et rêvent du bruit des villes. Comme le dit Manon, 11 ans, « Y a pas de cinéma, y a pas de salon de beauté, y a pas beaucoup de jolis garçons ! ça c’est un vrai problème ! »

Avis de tempête. Les collégiens de l’île d’Ouessant attendent leurs professeurs qui viennent du continent par bateau. Ces adolescents sont presque comme les autres sauf qu’ils sont sur une île loin de tout : « Y a rien à Ouessant, on s’ennuie, y a du vent, il fait moche... ! » Et une grosse tempête ne vient pas arranger les choses en entraînant deux jours coupés du reste du monde...Lorsque les communications reprennent entre Ouessant et le continent, les professeurs du collège du Ponant, Remy Le Manchec, et Solène Bonnot, arrivent avec un léger décalage « ça fait deux semaines que la tempête nous empêche de partir le matin alors on part l’après-midi ». A 20 kilomètres des côtes et deux heures et demie de bateau de Brest, Ouessant est l’île la plus à l’ouest du Finistère. L’été, des milliers de touristes déferlent. En hiver, huit cent habitants seulement profitent de la beauté du site. Le collège des îles du Ponant accueille une petite poignée d’élèves soit vingt quatre élèves de la 6ème à la 3ème. Les professeurs font du « sur mesure en fonction du niveau de chaque élève ». Un privilège que les cinq élèves de 5ème savent apprécier.

Annie Malgorn enseigne le français sur l’île depuis 36 ans. Quand elle est arrivée à Ouessant en 1971 « il y avait des classes de 30 élèves. Là, on se retrouve avec des classes de 3, 4, 5 élèves, il y a une réelle diminution. Tous les jeunes partent et je ne sais pas ce que ça va donner dans les années à venir. » En un siècle, Ouessant a perdu les ¾ de ses habitants et Marine et ses copines pensent déjà à quitter leur île. Jean-Michel et Pascale Thomas, les parents de Marine se sont installés ici il y a cinq ans...« C’était un peu un rêve de venir vivre ici. On n’a jamais été attirés par tout ce qui était ville, société de consommation. On a trouvé une tranquillité, une quiétude » Pascale s’enthousiasme « On ne se lasse pas du paysage. Quand il y a une tempête, vous vous mettez près d’un rocher et vous regardez. C’est magique ». Taxis, chambres d’hôtes, artisanat, les Thomas sont heureux et « arrivent à vivre tranquillement ». Trop sans doute pour une fille de 14 ans qui se plaint de « voir tout le temps les mêmes têtes ». Ses nouvelles copines, elle les a « rencontrées sur Internet ».

Annie n’a plus que quelques cours à donner avant de partir à la retraite. Son remplaçant viendra du continent et sera confronté comme Solène et Rémy au crucial problème du logement. « On trouve à se loger pendant 8 ou 9 mois de l’année mais il faut déménager pendant l’été pour les touristes ». Les professeurs continentaux sont logés à la gendarmerie désertée pendant l’année et doivent mettre leur vie familiale entre parenthèses. Comme le collège est « éclaté » sur les six îles du Finistère et du Morbihan, certains d’entre eux font la navette entre Houat, Groix, Sein, Molène, Ouessant et Batz. Batz, moins isolée, est reliée plusieurs par jour par la navette. A Batz, neuf collégiens seulement sont scolarisés. Pour Karine Lahogue, Batzienne et professeur d’espagnol, « c’est un droit pour les insulaires, d’avoir un collège proche de chez eux. C’est plus simple de ne pas faire comme nos parents de partir en pension bien trop loin. Aujourd’hui, je suis contente de travailler ici. »

Plusieurs fois par an, le collège organise des sorties sur le continent. Pendant deux jours, les 6ème d’Ouessant vont retrouver leurs camarades des autres îles. Au programme, une sortie au théâtre de Brest. Une vraie fête pour des enfants qui ne sont pas sortis de leur île depuis un an parfois.

A Sein, le collège a dû se mettre en sommeil, faute d’élèves. Le dernier, Maël, 15 ans surfeur passionné est interne sur le continent. Ouessant, avec vingt quatre élèves et une relève annoncée, est encore protégée...Mais à la rentrée prochaine, Marine devra faire son lycée en internat.

- http://lachaine.tf1.fr/lachaine/inf...

L’émission sera redifffusée les 9 mars à 05h, 10 mars à 02h et 10 mars à 05h

- Voir l’émission

Commentaires

  • Bonjour,
    A regarder le reportage de ce jour, j’ai ressenti que les jeunes adolescents de cette Ile avaient qu’une seule hâte la quitter car il n’existe pas de dynamique à vivre sur ce petit paradis perdu au large de notre profonde Bretagne.
    Ce qui très triste, c’est qu’aucun élu ou même le ministre du travail et de l’économie tente de retenir la population en dynamisant cette ile.
    Dans le reportage, aucune activité n’est proposée, aucun logement n’est créé ne serait ce déjà pour les pofesseurs qui exercent sur cette ile.
    Très peu de magasins voire pas du tout sont construits pour faire vivre les gens.
    Les personnes interrogées semblaient heureux mais reconnaissaient qu’il n’y avait rien pour retenir la jeune génération.
    Pourquoi cette isolation parfaite coupée du continent ?
    A part le tourisme en plein été, comment vit cette petite ile qui à forciori perdra de plus en plus de population étant donné que les jeunes y partent.
    Il faudrait redonner une joie de vivre et inciter les proches du continent à pouvoir s’installer pour y travailler sans exclusion. La construction de logements sociaux est aussi autorisée sur des iles (2 ou 3 bâtiments de 2 ou 3 étages ne défigureront pas le paysage.

    Nathalie

    • Dimanche 9 mars 2008 - .../... "A regarder le reportage de ce jour".../... - Nathalie

      A regarder LE reportage - Où est le hic ?

      Henri Ménard - Groix

    • Avec ces idées de YAKA, FAUKON, vous devriez ouvrir un cabinet de consultants qui offrirait ses services aux maires îliens, pauvres paumés qui ne connaissent pas leur boulot !
      Allez, soyez sympa, dites-moi quelle activité je peux créer, je veux me convertir au "travailler plus pour gagner plus".
      Quelle banque je hold-upise pour construire des logements ?
      Expliquez-moi comment construire des magasins pour faire virve les gens ? Parce que sans doute, vous voulez dire que sur nos îles, on est tous entrain de mourir de faim et qu’on ne s’en est pas encore rendu compte ?
      Ah oui une île est isolée du continent , mais comme il y a encore des écoles, on apprend aux enfants que c’est le propre d’une île. Et les habitants de certaines d’entre elles ont un si foutu caractère qu’ils ne veulent pas entendre parler de pont (et puis des ponts de 35 km sur une mer démontée, même si on lui fait des couilles en or, Mr Bouygues il veut pas faire).
      Des bâtiments de 2 ou 3 étages !!! Effectivement, si ça rapportait à quelqu’un de construire des logements qui resteront vides, y en a qui pourraient avoir une idée aussi conne ! Mais heureusement, les cons sont bordés par des lois. Et pour nous éviter des bâtiments de deux ou trois étages, il y a une loi de 1986 qui s’appelle Loi Littoral.
      Vous n’écririez pas ce post d’un endroit qu’on appelle pudiquement Centre de Santé Mentale ?
      AM

    • Je dirai : toujours aussi en forme les "Menard". Ayant survolé le "feuilleton" de vos elections municipales, j’attends avec impatience les résultats de ce soir. Bisous Chris

    • De Marie et Georges RICARD

      Marie a correspondu sur le continent et correspond toujours par le net dans le monde entier, moi j’ai travaillé et je travaille toujours par le net dans le monde entier, pas de frontières, pas de difficultés, pas de tempête, nous ne disons pas que c’est la seule solution, mais c’est une solution tout à fait valable.

      Les gens qui vivent sur le continent n’arrivent même pas à ce connaître entre voisins de palier, même pas à se dire bonjour dans les ascenseurs quand il y en a et même lorsqu’ils se croisent dans les escaliers pour aller au travail, puisque de leur propre garage habitation, ils montent dans leur voiture et n’en redescendent que dans le sous-sol garage de leur entreprise.

      Nous faisons tous type de courses par le net, cela fonctionne très bien, et nous avons une qualité de vie et un privilège d’habiter sur l’île. Ici on se connaît tous, on se dit bonjour même si il y a des différences entre nous, et lorsque l’on se croise sur le continent on ne change pas d’attitude.

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