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Rêves et Passions insulaires

mercredi 8 août 2007

De ERIC RÉGÉNERMEL
MAIRE DE GROIX

Le Festival International du Film Insulaire de Groix a-t-il un sens ou seulement une existence ? Cette question pseudo sartrienne peut venir à l’esprit de celui qui ne connaît pas encore l’aventure du FIFIG : s’agit-il d’attirer le chaland (sujet délicat sur lequel certains acteurs économiques de l’île nous demandent parfois des comptes…) ou l’offre estelle plus vaste, plus ambitieuse et plus profonde ?

Sept ans d’existence et une renommée croissante semblent prouver que ce n’est pas la logique de tiroir-caisse qui anime cette manifestation unique en France où parler des îles et de cinéma est aussi et surtout l’occasion de rencontres, d’échanges et d’ouverture.

On trouve parfois sur les îles (où ailleurs) des gens qui pensent qu’être « natif » donne le droit de mépriser « l’étranger ». Leur coeur se ferme et leurs yeux ne voient même plus le paradis qu’ils habitent. La plupart des Groisillons ont su garder une ouverture attentive sur le monde, c’est certainement leur plus grande force, et la raison du dynamisme qui leur a permis de maintenir le niveau de leur population active. Trop d’îles « baissent pavillon » comme l’écrit Eric Orsenna, victimes d’une économie résidentielle et touristique. Groix se bat contre cela, et j’ai la faiblesse de penser que le Festival a son rôle dans ce combat. Il contribue à placer l’île dans l’imaginaire collectif, non plus seulement comme un lieu de vacances, mais surtout comme un lieu de vie, de solidarité, d’humanité. Ainsi le festivalier d’où qu’il vienne comprend et partage le tumulte paisible des nos vies insulaires. Séduisante et vraie, exigeante et jalouse, Groix attire peu à peu d’anciens et de nouveaux habitants vers elle.

La Bretagne est déjà perçue comme une sorte de presqu’île qui aurait gardé son authenticité. La légende évoque Avallon, une île magique à mi-chemin des rêves. Prendre le bateau c’est laisser sur la « Grande terre » un réel trop certain et aborder, légers, le mystère attirant de l’insularité. Chacun porte au fond de soi une île rêvée, brumeuse ou ensoleillée, aride ou verdoyante, un éventail de tous ces possibles est magnifiquement déployé à chaque festival, sur les écrans, sur les murs, dans le regard des îliens, au fil de leurs récits et de leurs témoignages. L’équipage audacieux du Festival nous entraîne aujourd’hui sur les rives de Cuba, avec la même ferveur et la même exigence de qualité, de vérité que d’habitude. Suivons les avec leurs yeux. Ceux de la passion.

ERIC RÉGÉNERMEL
MAIRE DE GROIX

Visuel de l’affiche signé par Francisco Riveiro, un peintre cubain.

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