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La dernière Pause-Café de la Saison

mardi 12 février 2008

Grâce à un phénoménal travail de collectage de documents (des archives de la mairie, du département, jusqu’en Allemagne) nous avons pu découvrir (ou se souvenir) la deuxième époque de la présence allemande sur l’Ile.

Des précisions ont été ainsi apportées sur la mort de Francine Puillon, fille de Francine Vaillant de Quéhello.

Nous avons pu lire les écrits de Joseph Orvoën, l’adjoint au maire, (toujours sur le front puisque le maire de l’époque était absent), se débattant avec les problèmes de manque de nourriture, d’évacuation des personnes qui seront accueillies dans différentes communes bretonnes et autres contacts avec les autorités occupantes.

Il a été rappelé la déportation de Marguerite Vallée, coupable selon les Allemands d’avoir accueilli dans son café des jeunes complotant soit-disant un départ en Angleterre.

Ont été énumérés également les blessures ou même décés accidentels du fait de la présence de soldats armés et de mines sur le terrritoire.
(Marie Tonnerre, épouse de Pierre Simon de Kerampoulo a ainsi reçu une balle dans la jambe).

Le courage de Marie Stéphant, épouse Le Fur a aussi été rappelé. Grâce à elle et aux faux papiers qu’elle fabriquait, 180 prisonniers se sont évadés avant qu’elle ne soit arrêtée, emprisonnée à Vannes d’où elle s’est évadée. La personnalité hors du commun de cette femme a été également soulignée (cheveux courts même pendant sa période de scolarité, puis "en cheveux" à l’époque des coiffes encore florissantes et même quelquefois en pantalon.).

La démolition de 29 maisons sur les 35 que comportait Moustero a été expliquée et donc, la construction de la Cité de Saint Sauveur à la place du moulin "Michel" (nom inexpliqué jusqu’à maintenant mais personnellement qui me ramène à mon arrière grand-père meunier, Michel Le Fur).

Le film de Gilbert Nexer sur le témoignage de Denise Boterf a particulièrement ému les spectateurs. Il raconte comment sa mère, Denise Le Berre dont le mari avait été tué en 1940 à Dunkerque et elle, avec l’aide notamment d’un boucher, fournisssaient un peu de nourriture aux prisonniers américains avec la complicité d’Adolf Joede qui sera arrêté et envoyé sur le front de Plouhinec et qui reviendra quelques années plus tard épouser la mère de Denise et installer le garage qui porte encore fièrement son nom.

Quelques anecdotes :

- La chronique d’Emile Rouillé, secrétaire de mairie, racontant la razzia sur les animaux de basse-cour, et les explications de l’officier allemand indiquant que c’était pour décharger d’une partie du travail occasionné par ces malheureuses bestioles que leurs propriétaires devaient pâtir de voir souffrir ......
- Mr Le Priol risquant de voir couler son "magot" : le sac de billets destinés à payer les pensions des hommes présents sur l’île.
- Un orchestre venu distraire les soldats allemands et jouant un air endiablé de jazz accompagné par les claquements de pieds et de mains des quelques travailleurs
groisillons autorisés à assister à la séance.

L’atmosphère chaleureuse de cette pause-café mêlant bons et mauvais souvenirs a été légèrement refroidie par le speech de Joël Tristan (moralement soutenu par son alter ego dont la présence lors d’une activité culturelle surprenait).

Le neveu de Firmin Tristan avait été prévenu par le téléphone arabe et néanmoins grek que les absences du maire de Groix étaient pointées par différents documents et témoignages. Il est donc venu dire qu’il était normal que le député maire soit absent puisqu’il habitait Etel.

Il a précisé qu’il était en possession de documents certifiant notamment l’appartenance à la Résistance de son oncle en 44 ainsi que divers autres et que, bien sûr, il aurait pu les ajouter à ceux présentés sur cete époque mais .... qu’il n’y avait pas pensé !! On a senti les poils des bras de Jo Le Port se redresser !

La seule moralité qu’on peut tirer de cette intervention, c’est qu’il faut éviter d’élire un maire qui n’habite pas Groix. Voyez où ça mène en cas de guerre et ne l’oubliez pas :-)

Commentaires

  • Une petite rectification patronymique, c’est Marguerite VALER qu’il faut lire, veuve LE SOLLEU.
    Née le 16 janvier 1898 à ETEL, elle était la soeur cadette de Félicité VALER, épouse de Jean Marie QUERIC. Elle tenait le café qui est devenu par la suite le restaurant " Les Couraux".
    C’est par rapport au pistolet découvert lors d’une perquisition qu’elle fut arrêtée le 8 septembre 1943 et transférée à VANNES. Dirigée sur la région parisienne( camp de Romainville ? ) elle fut ensuite convoyée à AIX LA CHAPELLE, TREVES ( où elle fut jugée et classée NN, Nacht und Nebel " Nuit et brouillard" c’est-à-dire qu’elle devait disparaître sans laisser de trace ). Le préfet de l’époque n’ayant pas voulu intervenir en sa faveur, elle pérégrina de prison en prison : COLOGNE, MAGDEBOURG, BERLIN, pour se retrouver au camp de RAVENSBRUCK. Rapatriée vers MAUTHAUSEN avec 2.000autres femmes vers mars 1945, elle sera délivrée par la Croix Rouge le 28 avril 1945.

    Quant au moulin " Michel " qui a failli donner son nom à la cité de St Sauveur, il se doit d’être appeler ainsi du nom de son propriétaire, Michel QUER, tailleur d’habits, originaire de BELZ, marié à GROIX avec Jeanne Anne LANCO en 1806. L e moulin a été construit en 1823-1824, près de l’emplacement de l’ancien village de Kergadoret déserté vers 1740. Ce fut aussi un des noms donné au moulin. La tempête du 13 février 1900 lui fut sans doute fatale puisque ses ailes furent enlevées.

    Jo LE PORT

    • Je vais m’appliquer à faire d’autres erreurs ;-((
      De cette façon, Jo nous fera part de ses connaissances !
      Merci Jo et puisque tu as plus de temps maintenant, relis tout le site et .... corrige (tu en as pour quelques mois !!
      Amitiés Anita

    • Pas de soucis, Jo Le Port et Gilbert Nexer ne sont pas historiens. AG

    • A force d’attendre un historien grek scientifiquement estampillé, la mémoire a foutu le camp !
      Moi-même, "actrice" trop jeune à l’époque, d’un évènement exceptionnel de la guerre évoquée dans ces "pause-café", je n’arrive à trouver personne qui puisse confirmer mes souvenirs.
      A part ma mère, bien évidemment, mais à 95 ans, des choses qu’elle prend pour des détails,
      comme le nom du bateau et de son capitaine, lui ont échappé....
      Comme nous n’étions pas seules à partir à Bordeaux sur ce foutu bateau, je cherche désespérément à retrouver des traces. Je n’entends en réponse à mes questions que "oui, j’en ai entendu parler".... mais c’est tout !
      Si Gilbert ou Jo avaient été là, cet épisode ne serait pas irrémédiablement perdu.
      AM

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