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INFO-COMITE DE VIGILANCE-COLLECTIF AQUITAIN

dimanche 30 mars 2008

extraits de La Lettre de soutien du Pr Henri Augier

.../... Les rejets en mer des matériaux de dragage : une hérésie !

Le projet de « clapage » dénoncé par le Comité de Vigilance et le Collectif Aquitain consiste à immerger dans la mer au droit du Wharf de La Salie à quelques milles de la côte, les vases portuaires récoltées par dragage du port d’Arcachon. Le volume annoncé – 300.000 m3 – est considérable !

De tels rejets ne sont pas tolérables. Il est temps d’arrêter de prendre la mer pour la poubelle universelle. A-t-on seulement une idée des dégâts occasionnés aux écosystèmes benthiques par ces matériaux étrangers ?

C’est en premier lieu l’enfouissement total de la vie fixée, sédentaire ou faiblement vagile des fonds marins, y compris les zones de frayères de nombreux organismes. Autrement dit un enterrement de première classe encore plus expéditif que la pollution. C’est encore un accroissement important de la turbidité dans un espace bien plus vaste que la surface du dépôt, avec un effet particulièrement néfaste sur la photosynthèse des algues et des phanérogames marines et la respiration des poissons et autres animaux marins (colmatage des branchies). C’est aussi un apport important de polluants toxiques dont les effets sont amplifiés par la bioconcentration de long des chaînes alimentaires benthiques et pélagiques. Ces vases portuaires contiennent en effet des métaux et métalloïdes dangereux (cuivre, plomb, zinc, arsenic, chrome, nickel, etc.), des hydrocarbures dont certains cancérigènes et des concentrations parfois importantes en composés issus de peintures anti-salissures hautement toxiques tels que les dérivés du cuivre, les tributyl-étains, l’irgarol, etc. Est-il nécessaire de rappeler les dégâts occasionnés par les TBE dans les parcs ostréicoles avant son interdiction pour les bateaux de moins de 7 mètres ? Est-il nécessaire encore de dire que l’irganol, de la famille des triazines est un inhibiteur puissant de la photosynthèse des algues et que cet herbicide libéré par lixiviation des coques de bateau se répand dans l’environnement aquatiques y compris dans les vases portuaires pour y poursuivre son œuvre de mort pour laquelle il a été conçu !

Les richesses marines sont vraiment tournées en dérision par les incorrigibles « terrestres » que nous sommes. Quel écho donnerait-on à l’épandage de ces vases putrides et polluées dans les jardins publics, les zones de loisir, les forêts et les territoires protégés pour leurs richesses ?

S’il est vrai que souvent les scientifiques, dans le domaine de l’environnement, ont un temps d’avance et les politiques un temps de retard, l’arrêt des rejets en mer et l’objectif « pollution zéro » constituent une formidable opportunité de montrer qu’ils peuvent être au diapason et à l’avant-garde des techniques de dépollution. Il va de soi qu’un tel programme devra être confié à une commission d’experts qualifiés dont l’objectif sera de choisir et d’adapter les techniques de traitement tertiaire les plus appropriées à la spécificité des effluents restant à traiter, pour atteindre une dépollution totale.

Tout doit être mis en œuvre pour empêcher légalement un tel massacre, en commençant par une large information sur la nocivité de telles pratiques !

Là où il y a une volonté collective, il y a un espoir.

Henry Augier

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