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EARL le Verger de l’Ile et protection de l’abeille noire

samedi 24 mai 2008

de Pierre Lhoste

En complément aux articles parus dans la presse ce matin (ndlr 23/5) sur le sujet de la protection de l’abeille noire sur l’île de Groix, je tiens à apporter les informations et rectifications suivantes concernant l’EARL "Le Verger de l’île".

L’EARL a reçu dans les derniers mois l’offre de soutien de trois personnes, portant le nombre potentiel des associés à cinq. l’EARL compte à l’heure actuelle, comme par le passé, deux associés. mardi 8 mai 2008, l’exploitant agricole a été prévenu par la mairie du courrier adressé à monsieur le maire par l’association de protection de l’abeille noire de Groix ASSANGX.

Nous avons décidé de nous documenter séparément sur le sujet, trois d’entre nous étant novices en matière d’apiculture. Après exploration de la littérature disponible en ligne (dont le point de départ fut le rapport Garnery), Il nous est apparu indiscutable que la protection de l’abeille noire représente un enjeu en termes de protection de la biodiversité d’une part et de pérennisation d’une agriculture respectueuse de l’environnement d’autre part.

Nous avons pris, dimanche 18 mai, la décision de transformer notre rucher d’abeilles caucasiennes et italiennes en abeilles noires, par la méthode du remérage consistant à introduire dans une ruche une abeille reine noire fécondée, après avoir éliminé l’abeille reine initiale. Lundi, l’exploitant a été prévenu par monsieur le maire, de sa participation requise à une réunion qui se tiendrait le lendemain à 19h30 en présence des onze élus de la majorité, des membres du projet d’association ASANGX, et de deux spécialistes de l’abeille noire, invités par le porte parole de l’association. Nous avons fait notre proposition à l’ASSANGX en préambule à la réunion, après une introduction de monsieur le Maire présentant les parties en présence.

Il a de plus été décidé en réunion de prévenir l’hybridation entre abeilles noires locales et abeilles italiennes et caucasiennes, en posant sur tous les ruchers de l’EARL des grilles à reines, empêchant reines et faux-bourdons de sortir. Ces grilles seront posées par nos soins dimanche 25 mai, et nous demanderons à la DSV mardi 27 mai, lors de son inspection sanitaire de nos ruchers, de constater leur pose. Nous transmettrons le rapport DSV à la mairie dès lors qu’il nous parviendra. Nous nous rapprochons également des autres conservatoires de l’abeille noire afin d’acquérir des abeilles reines noires fécondées pour procéder au remérage.

La presse n’était pas présente à la réunion du mardi soir. Nous n’avons pas été consultés par les correspondants des deux journaux où l’information a été publiée, qui auraient pu sinon avoir l’opportunité d’orthographier mon nom correctement.

Je remercie pour finir Anita Ménard qui nous permet, comme elle l’a fait pour de nombreuses personnes par le passé, d’avoir un droit de réponse grâce à son site et à l’audience qu’il représente.

Pierre LHOSTE, pour l’E.A.R.L. "le Verger de l’île" et les deux autres associés potentiels.

Commentaires

  • Le 24 mai, Pierre Lhoste écrit : ".../... l’exploitant a été prévenu par monsieur le maire, de sa participation requise à une réunion qui se tiendrait le lendemain à 19h30 en présence des onze élus de la majorité, des membres du projet d’association ASANGX, et de deux spécialistes de l’abeille noire, invités par le porte parole de l’association.../...

    Cela signifie-t-il que les élus de l’opposition comptent pour du beurre et sont systématiquement écartés de toute(s) discussion(s) concernant la vie sur l’île ?

    Une réponse "éclairée" à ma question, émanant de la mairie serait la bienvenue sur ce "site pas très net" mais, comme à l’habitude, nous resterons sans doute sur notre faim.

    Henri Ménard - Groix

    • La réunion en question avait lieu en présence de spécialistes de l’abeille noire , qui étaient à Groix seulement ce
      jour là . Elle a eu lieu lors du bureau municipal , composé du Maire , des adjoints et des délégués ,qui se réunit toutes les semaines , en présence de toutes les personnes directement concernées par ce problème , afin d’essayer de le régler , au mieux des intérets de chacun. Un résumé des données disponibles paraitra dans le prochain bulletin d’informations , jeudi 29 mai .
      Les élus de l’opposition participent , s’ils le souhaitent , à la vie municipale dans les différentes commissions auxquelles ils ont accepté de participer .
      Cordialement
      Francois Marguet

    • La réunion .../.. a eu lieu lors du bureau municipal , composé du Maire , des adjoints et des délégués ,qui se réunit toutes les semaines.../... Les élus de l’opposition participent , s’ils le souhaitent , à la vie municipale dans les différentes commissions auxquelles ils ont accepté de participer.
      Cordialement Francois Marguet

      Merci pour cet éclaircissement

      Henri Ménard - Groix

    • Merci François pour la diligence, et bravo pour l’ouverture et ta volonté de favoriser la communication.

      Néanmoins, la presse fait état de "DEUX" réunions
      ""Mardi après midi, les membres de l’ASAN GX ont rencontré le maire afin de présenter leur projet de sauvegarde de l’abeille noire sur l’île. En soirée, une deuxième réunion s’est tenue à la mairie avec M. Pelsy de l’Earl Les vergers de l’île et M. l’Host.
      Le Télégramme 23/05/2008""

      Est-ce une erreur du correspondant ou la plage horaire de réunion du bureau municipal a-t-elle été élargie ? Dans ce cas, saluons la volonté nouvelle d’approfondir les dossiers en présence de tous les délégués, d’autant plus que l’exemple des abeilles, s’il aboutit, montre que la concertation vaut mieux que le conflit.
      AM

    • A mon avis ces réunions n’auraient pas été nécessaires si les dirigeants de l’EARL le Verger de l’Ile s’étaient renseignés correctement avant car quand je lis l’article de Mr l’host, j’ai l’impression qu’ils ont tout fait à l’envers. On fait venir des hybrides et après on s’informe. Je trouve ça dommage car renseignements pris suite aux derniers articles parus dans la presse, les apiculteurs amateurs (eux) de Groix essaient depuis des années de préserver les abeilles noires comme à Ouessant.

      Roseline Gueran

    • et pourtant ....
      bien d’autres questions restent en suspens ...
      j’avais posé au maire il y a quelque mois celle de l’utilité de la protection de l’abeille noire.
      Sa réponse évasive pouvait me laisser supposer qu’il ignorait tout du projet de l’introduction
      d’abeilles étrangères. Or, une constitution de dossier de MAE sur le sujet était déjà vraisemblablement passée entre les mains des administratifs.
      Pourquoi l’arrêté d’interdiction n’a-t-il pas été pris à ce moment-là ?
      Mais aussi, question fondamentale : qui nous prouve que l’abeille noire de Groix est une souche
      spécifique et "génétiquement" pure ? Il faudra bien que des tests soient effectués avant de parler de conservatoire.
      Entre les articles de presse, les arguments publics, leur interprétation approximative et la réalité, il doit bien y avoir, comme toujours, quelques zones d’ombre.
      AM

    • On fait venir des hybrides et après on s’informe.

      l’exploitant agricole a été prévenu par la mairie du courrier adressé à monsieur le maire par l’ASSANGX.
      Nous avons décidé de nous documenter séparément sur le sujet, trois d’entre nous étant novices en matière d’apiculture

      les "novices" qui se sont documentés ne sont apparemment pas ceux qui ont fait venir les hybrides. Et ceux-là étaient-ils novices ?

      Il est également dommage que les apiculteurs "amateurs" n’aient pas communiqué publiquement sur les risques encourus résultant de la proximité des deux espèces, sujet autrement plus grave que la préservation de la "spécificité insulaire" .
      L’une d’entre elles nous a expliqué qu’à la deuxième génération des futures "métis", la totalité des abeilles vivant sur l’île sera devenue extrêmement agressive.
      Autre question non abordée : qui peut être gêné par la présence d’abeilles au point d’aller nuitamment renverser une ruche, à ses risques et périls (et à ceux des voisins...)
      AM

    • Paul et Mick vont pouvoir changer de sujet : les abeilles contestées ont toutes été détruites hier,
      dramatique conclusion d’une affaire mal engagée.
      AM

    • Serai ce donc la guerre

      Pour quel butin, pour quel nectar

      Faute de virginité insulaire

      Butiner devient une bagarre.

      Fou

    • Le fait de détruire quatre-vingts colonies d’abeilles est pour moi un geste inconcevable. Rien ne peut justifier un tel acte, quand bien même des divergences existent entre les apiculteurs de l’île et "le verger de l’île." Elles n’avaient pas à être les victimes de calculs élaborés en amont avec force de signatures qui aujourd’hui encore menacent la tranquilité des ruchers. A quand les paroles limpides, les prises de position définies qui cesseront ici comme partout ailleurs d’alimenter les climats délétères qui empoisonnent plus sûrement que le soufre.
      Franck Le Gurun

    • Les paroles d’explication de l’EARL étaient plus limpides que ton discours. Encore fallait-il les lire pour les comprendre.
      Moi qui n’ai aucun intérêt ni d’un bord ni de l’autre, je déplore la destruction des abeilles que je juge dramatique mais je n’étais pas prête à accepter un métissage qui aurait mis en danger mon petit-fils lorsqu’il joue prêt de nos arbustes à fleurs.
      Que préconisais-tu pour empêcher ce massacre ? Je n’ai rien lu nulle part à ce sujet.
      J’étais bien seule aussi quand j’ai posé la question de la coexistence de ces espèces ; aucun candidat aux élections, par exemple, ne s’est préoccupé du problème.
      Les "climats délétères" cesseront quand les citoyens auront compris qu’il existe des endroits où ils peuvent s’expliquer à visage découvert plutôt que continuer à cultiver leurs fantasmes en circuits fermés.
      AM

    • A tous les petits fils...

      Quelques recommandations :

      pour les premières visites de ruches de la part d’un débutant, toujours se faire accompagner d’une personne expérimentée qui sera capable de juger le seuil d’agitation d’abeilles à ne pas dépasser ;
      certaines colonies d’abeilles ont tendance à piquer moins que d’autres. Un apiculteur qui inspecte fréquemment ses ruches peut facilement dire lesquelles sont les meilleures en rendement et surtout lesquelles sont les plus dociles. Il peut agir simplement par sélection massale en éliminant les souches de colonies les plus méchantes (par remérage) et en multipliant les plus dociles (par division) ;
      toujours employer un enfumoir pour visiter les colonies ;
      s’assurer d’avoir assez de combustible pour la durée des opérations. Pour les grands ruchers, par précaution, avoir un deuxième enfumoir de secours allumé et plein
      ne pas mettre de matières synthétiques dans l’enfumoir
      veiller à employer une fumée froide, au besoin mettre une touffe d’herbe verte (si disponible) sur le combustible avant la sortie de l’enfumoir ;
      toujours porter des vêtements de protection de couleur claire, bien ajustés et hermétiques aux insectes ;
      ne pas utiliser de tissus qui pourraient accrocher les pattes des abeilles (exemple : laine) ;
      veiller à ce que le voile ne touche ni les oreilles ni le bout du nez ;
      avant d’ouvrir la première ruche, s’assurer que les spectateurs éventuels sont à une distance convenable et hors "couloirs à butineuses" ;
      s’assurer aussi qu’aucun animal ne soit entravé (licol, laisse, etc.) à proximité du rucher à visiter ;
      éviter d’employer des savons, lotions corporelles ou shampooings à odeur forte et tenace ;
      ne pas mettre les ruches sur des supports collectifs ;
      ne pas passer ni rester devant le trou de vol ;
      ne pas visiter en période de temps "lourd", d’orages ;
      commencer par visiter les plus douces et finir par les plus agressives ;
      avec certaines races d’abeilles très agressives ("l’africanisée" d’Amérique, "l’andansonii" ou "l’intermissa" d’Afrique, par exemple), être au minimum à deux personnes lors des visites : une pour enfumer, une autre pour manipuler. Le faire, dans la mesure du possible, entre la fin d’après-midi et la tombée du jour. Si les abeilles rentrent en furie, elles ont le temps de se calmer durant la nuit. D’autre part, la fraîcheur du soir les incline à répondre moins violemment. Quant aux abeilles des pays tempérés, c’est tout le contraire : il vaut mieux visiter quand les abeilles sont en pleine activité (ainsi un maximum de butineuses - les plus agressives - sont aux champs) ;
      ne pas donner de coups brusques sur et dans les ruches ;
      rester calme, sortir les cadres sans brusquerie, les remettre sans écraser les abeilles ;
      pour un grand rucher, changer de côté de temps en temps pour laisser retomber l’effervescence de l’endroit où vous venez de travailler ;
      pas de bouts de rayons de miel laissés par terre qui risqueraient de déclencher un pillage ;
      ne pas placer les ruchers trop à l’ombre ;
      certaines races d’abeilles inspectées régulièrement peuvent devenir plus douces. Attention, pour d’autres races, cela peut être exactement le contraire
      éviter de faire couler du nectar fraîchement récolté depuis le rayon manipulé, par terre ou sur le reste des cadres en place ;
      éviter les manipulations longues en période de disette ;
      si vous pensez avoir perdu le contrôle des opérations dans le rucher, refermer la (ou les) ruches ouverte(s) et s’éloigner calmement sans faire de grands gestes. Ne pas retourner à la maison (ou au véhicule) directement mais en faisant un grand cercle tout en se frottant à la végétation pour se débarrasser des suiveuses. Revenir au rucher qu’après un jour ou deux ;
      en toute circonstance, tâcher de rester confiant et calme (éviter à tout prix de "mouliner" avec les bras) . La peur se traduit par des effluves d’adrénaline qui irritent encore plus les abeilles ;
      en cas de piqûre, enlever le dard avec le décolle-cadre ou l’ongle. Il ne faut surtout pas le retirer en le pinçant avec deux doigts, ce qui aurait pour résultat de finir de vider la poche à venin toujours accrochée à l’aiguillon ;
      enfumer copieusement la région piquée afin de masquer l’odeur du venin qui exciterait d’autres gardiennes à piquer.

      Qui pique nique...

      SteFou

    • Cher Ste
      merci du conseil mais tu pourras le résumer pour Eloann ?
      et ne doute pas qu’à la première piqüre, il y aura du galeheuleul dans Piwisy !!
      AM

    • "Après des échanges constructifs, une solution a été trouvée afin d’éviter l’apparition d’abeilles hybrides qui pourraient se révéler mal adaptées ou source de problèmes." bulletin n°2 infos municipales.

      "Nous avons pris, dimanche 18 mai, la décision de transformer notre rucher d’abeilles caucasiennes et italiennes en abeilles noires, par la méthode du remérage consistant à introduire dans une ruche une abeille reine noire fécondée, après avoir éliminé l’abeille reine initiale."
      P Lhoste

      4 millions d’abeilles ont été tuées...pourquoi ?

      Phydeaux

    • Les raisons se déduisent clairement des explications données dans les différents fils de discussion.
      Mais peut-être que tes nouvelles occupations de chef de famille nombreuse ne t’ont pas laissé le temps de tout lire ?
      Mes occupations perso ne me donnent pas non plus le temps de tout recopier ....
      AM

    • N’aurait-il pas été possible de rapporter ces abeilles sur le continent , au lieu de les gazer ? Si non, c’est qu’il y avait un autre problème, non ??

      Phydeaux

    • Il me semble que les problèmes de la coexistence des deux espèces sur Groix sont suffisamment préoccupants pour qu’il ne soit pas nécessaire de subodorer une autre raison.
      Mais il est vrai que le flou "artistique" entretenu pendant le montage du projet peut laisser la porte ouverte une fois de plus à toutes les suppositions.
      AM

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