« Anita, de Groix »

"Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire"

"Se méfier du revenu de base"

Publié le 24 mai à 10:23

Danièle Linhart, elle aussi digne fille de son père, fait remarquer qu’instituer un revenu de base "reviendrait à admettre que le seul véritable enjeu se résume à assurer la subsistance des moins « doués » ou « dotés » pour le travail tel qu’il a été historiquement construit. Quant aux autres, de quel droit iraient-ils critiquer le travail tel qu’il est organisé et décidé pour eux, puisqu’ils pourraient se contenter de travailler moins ou occasionnellement
 ?"

Libération 21 mai 2021

Par contre, J’ai encore fait grincer mes prothèses dentaires en entendant Benoît Hamon, défenseur du revenu universel, demander à Macron d’ instituer une allocation mensuelle universelle à chaque naissance et ce, jusqu’à la majorité. Il n’a pourtant pas des parents analphabètes ce garçon et il a lui-même fait de bonnes études mais il ne fait pas la différence entre égalité et équité. Pourquoi donner de l’argent à Mrs Pinault, Bolloré, Niel and so on, comme s’ils en manquaient ? Ah oui, mais.... sa compagne est cadre supérieur chez LVMH, il ne faut pas froisser le milieu ...

Que ce monsieur cesse aussi d’employer le mot "justice" quand il demande une allocation équivalente pour tous les étudiants alors qu’il suffirait d’augmenter les bourses de ceux qui actuellement crèvent de faim, (en veillant à ce que ces bourses ne soient pas attribuées aux enfants de ceux dépassant un certain revenu) !

Et les éditorialistes tartinent des pages et des pages sur le fait que l’électorat de gauche disparaît .... ben tiens donc, avec de si merveilleuses idées, le contraire serait étonnant !

Commentaires :

1. mardi 25 mai 2021 à 09:34, par vincent

"Se méfier du revenu de base"

Hamon n’en est plus à une connerie près…

Je lui reconnais le mérite d’être le seul politique en vue « Â de gauche » (enfin… non... ce n’est pas le débat du jour) à avoir réfléchi sur le revenu universel. Mais nombre d’économistes y ont réfléchi avant lui, et depuis longtemps .

Danièle Linhart est une pointure concernant le travail et l’emploi. C’est compliqué d’aller contre son analyse. Il n’empêche qu’on est là pour donner son avis ; le mien pourra facilement être contredit.
Je cite Danièle Linhart dans l’article de Libé :

« Â A priori, le revenu de base, c’est-à -dire un revenu pour chacun sans condition, semble susceptible de combattre la pauvreté et l’injustice sociale en aidant ceux qui ont des difficultés à trouver un emploi suffisamment rémunéré pour vivre correctement. »
[…] « Â Mais cela n’implique-t-il pas un renoncement majeur sur le front du travail ? »

Avec cette seule définition « Â économique » du revenu de base, universel ou d’existence, il me semble qu’on passe à côté de son point le plus important, de sa substantifique moelle, celle de la complète dissociation emploi-revenu.

Nous sommes tellement bien conditionnés (morale, religion, école), que nous ne sommes pas prêts à accepter que puisse exister aujourd’hui un revenu sans contrepartie d’un travail (ce qui était impossible jadis). Calculs faits, tous les économistes qui y ont réfléchi disent que c’est possible.

Peut-être que les humains, même si certains se réalisent en partie dans leur travail, ont d’autres aspirations que d’être seulement des producteurs et des consommateurs.

Pour moi, le revenu d’existence est intimement lié à la décroissance. Pour le moment, le principal obstacle me semble être d’ordre mental, celui qui nous fait refuser l’idée d’un revenu attribué en contrepartie de... rien.

Et celui qui nous fait penser que ceux qui osent en parler sont forcément des faignants...


2. mardi 25 mai 2021 à 10:08

"Se méfier du revenu de base"

Passer sous silence le fait que ce revenu universel supprimerait les secours que les plus démunis touchent me parait une escroquerie de la part de Hamon et ne vaudrait-il pas mieux une mesure équitable plutôt qu’une mesure égalitaire ? Autre conséquence passée sous silence c’est qu’il faudrait sans doute tripler les salaires de ceux qui accepteraient d’être éboueurs, aides à domicile etc....
AM


3. mardi 25 mai 2021 à 12:31, par vincent

"Se méfier du revenu de base"

Des gens toujours bien intentionnés fustigent régulièrement l’effet « Â désincitatif » des minima sociaux sur les demandeurs d’emplois. En gros, « Â le peu qu’on leur donne, c’est déjà trop, ça les décourage d’aller postuler chez Mac Do »

Avec un revenu universel fixé à un seuil raisonnable, l’effet désincitatif changerait de camp : les patrons seraient dissuadés de recruter au rabais « Â Holà Toto, tu rêves là Â ? »

Et puisqu’il faudrait bien encore des éboueurs et des aides à domicile, la « Â reconnaissance » du métier viendrait forcément d’elle-même...

Je suis aussi d’avis qu’une mesure égalitaire avec un revenu universel de petit niveau est d’une plus grande malhonnêteté, justement car il ne permettrait pas cet effet désincitatif auprès des patrons-voyous.

Pour moi, les mesures d’équité - que j’ai toujours appelées (crié) de mes vÅ“ux en étant chaque fois que possible auprès des travailleurs en lutte - devraient être traitées indépendamment du revenu universel.

De mon point de vue, le revenu d’existence (je préfère cette appellation), c’est fondamentalement autre chose qu’une aide à la subsistance, comme le voit me semble-t-il un peu Danielle Linhart.


4. mardi 25 mai 2021 à 13:09

"Se méfier du revenu de base"

Je comprends fort bien ce point de vue mais suis obligée de constater qu’il ne tient pas compte de la situation des millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et pire, de celles qui dépérissent avec seulement un RSA.
Ayant dans mon enfance traversé une phase "quart-monde’, je m’imagine la tête que j’aurais fait, ado, si on m’avait dit - "Tiens on te donne juste de quoi manger pâtes et patates et t’habiller (au Secours Popu), te loger à 6 dans un deux-pièces. Fini la Sécu, les allocs et ta bourse d’internat, tu te trouves un petit boulot en dehors de tes études si tu veux améliorer ton ordinaire"
Déjà que ce que je subissais m’a conduite à ce que je défends actuellement, j’imagine que, sachant que les milliardaires bénéficiaient du même "cadeau" (pour se payer UN repas....) je serais devenue terroriste :-)
Quel que soit le montant évoqué pour ce "revenu universel" (qui ne tient déjà pas compte des possibilités actuelles de financement), il n’atteindrait pas les aides perçues par les plus défavorisés.
Si on veut gaspiller l’argent en le donnant aussi aux plus riches, décidément je n’appellerai jamais ça de la justice et encore moins une politique de gauche !
AM
P Scr (et pas PS vous aurez remarqué !!!!!) j’aimerais aussi demander à Hamon s’il se doute de ce que c’est que sortir de table avec la faim et d’aller au collège avec un manteau taillé dans une capote de la guerre 14/18 avec aux pieds des chaussures données mais trop petites.) Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières mais montrer que je sais de quoi je parle, (sans avoir à aller chercher des exemples dans ce que j’ai rencontré dans ma vie professionnelle).


5. mercredi 26 mai 2021 à 08:03, par vincent

"Se méfier du revenu de base"

Je m’accroche à mon revenu d’existence tel qu’il a été pensé par ses initiateurs, même s’il n’a pas vocation à régler tous les problèmes de la planète.

Imaginons que je sois une personne précaire, plusieurs systèmes de protection sociale me sont maintenus, qui complètent le dispositif : les aides au logement, l’assurance chômage, l’assurance retraite, l’aide aux personnes porteuses de handicaps...

Pas question évidement, avec le revenu d’existence, d’être plus précaire que sans lui.

Cette pérennité, ce « Â filet de protection », permet de raisonner à long terme et/ou de prendre des risques pour ses projets, absolument impensable aujourd’hui pour quelqu’un dans la précarité. Des témoignages, notamment auprès de familles d’ATD Quart Monde sont formels sur ce point.

Imaginons que je vive au sein d’une famille. Le revenu d’existence étant inconditionnel, il est touché par tous, du premier jour de sa vie et jusqu’au dernier, et donc pour mon cas, pour chacun des membres de ma famille, adultes et enfants.
à‡a peut assurer à un ou plusieurs membres une nouvelle liberté, et lui permettre par exemple de ne plus consacrer la totalité de son temps à gagner sa vie. Et cela n’empêche nullement de continuer à se battre pour des salaires décents.

Imaginons que je possède un empire financier. Encore une fois, l’inconditionnalité du revenu d’existence va faire que je vais en bénéficier. Il suffit tout simplement que l’impôt soit calculé plus justement qu’il n’est aujourd’hui, pour que la totalité de la somme perçue soit redistribuée. L’égalité devient de fait de l’équité. L’intérêt de verser ce revenu à tous, c’est aussi de faire l’économie de discussions sans fin sur « Â qui doit en profiter »Â ?

Mais je rassure, à l’époque, il y a une vingtaine d’années, les discussions du comité local d’ATTAC dans lequel je réfléchissais étaient souvent « Â tendues » sur le revenu d’existence.

Pour moi, le revenu d’existence ne relève pas d’une politique de gauche ou d’une politique de droite. C’est juste une politique de dignité.


6. mercredi 26 mai 2021 à 22:00

"Se méfier du revenu de base"

Celon la formule consacré : Je ne suis pas économiste mais....

Parmi toutes les sentences Divine , une me revient souvent : << Il faut gagner sa vie >> .
Résonne encore la voix du paternel communiste et anticléricale viscéral de base. La réponse << Ouai !! mais pas à la sueur du front des autres >> .

Mais pourquoi devoir gagner sa vie alors qu’on nous l’a donnée ? ( ca c’est moi ;-)

Je n’ai pas lu Marx... (pas plus que le manifest du national socialisme) mais j’écoute Thomas Piketty et Dominique Seux , Deux obédiences, ci ce n’est religions opposées, inconciliable... et clivé

Difficile de sortir de la logique du Marteau et du clou.

Fou...


7. dimanche 30 mai 2021 à 08:36

"Se méfier du revenu de base"

Un commentaire, drôle, ne sera pas validé car non signé
AM


8. vendredi 4 juin 2021 à 12:18

"Se méfier du revenu de base"

Ce n’est pas par ce qu’on se nome et interpelle Dufond de Laclasse qu’on a pas droit au chapitre...
Ce slogan ’’arbeit macht frei’’ a fait fureur a une époque..
Je cherche encore la corrélation avec le monde merveilleux de Walt Disney ..

Fou...

(..peut etre Les Temps Moderne de Chaplin.. allez savoir ?)


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