« Anita, de Groix »

"Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire"

Centres de Santé (divers)

Publié le 2 octobre à 15:22

Veran s’engage à contrôler le fonctionnement des centres de santé (??)
https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-du-samedi-02-octobre-2021

Evran : Centre de santé à gestion municipale
Le projet de centre de santé avait été soumis à l’ARS, qui le 15 avril a autorisé sa création. Les membres du CCAS ont approuvé le projet
https://www.ouest-france.fr/bretagne/evran-22630/evran-le-centre-de-sante-municipal-prevu-pour-septembre-9918c9c0-b283-11eb-a6d1-241ee2f28416

https://www.marianne.net/societe/sante/deserts-medicaux-quand-il-faut-faire-200-bornes-et-aller-a-paris-pour-voir-un-ophtalmo

RETARDS DE PRISE EN CHARGE
ÇA PEUT MAL FINIR

Quand il n’y a pas de médecins, ou quand ils sont si peu nombreux qu’ils en finissent débordés, des maladies peuvent passer à travers les mailles du filet. Avec des dégâts à la clé. PAR VIOLAINE DES COURIÈRES

« Cela aurait pu être fatal.  » Combien de fois le D’ Lucie Bertrand, médecin rhumatologue dans la Sarthe, s’est-elle fait cette réflexion ? Chez ses patients, elle découvre régulièrement des symptômes de pathologies potentiellement graves. Un jour, un quinquagénaire se présente. « Il avait une tache bleue sur la peau et des ganglions sous les bras. C’était un mélanome », raconte le médecin, proche de la retraite. Quelque temps plus tard, un trentenaire vient consulter. Lucie Bertrand l’examine et perçoit un problème : « Il avait la tête rouge comme une crête de coq, cela m’a interpellée. Je l’ai interroge II était gros fumeur. Je l’ai immédiatement mis en relation avec un cardiologue. » Et de préciser : « Il avait une maladie chronique... » Pour un septuagénaire, venu pour une arthrose du genou, le médecin diagnostique un début de maladie de Parkinson. Depuis ces épisodes, la rhumatologue ne voit plus un seul patient sans l’examiner avec un regard de médecin généraliste, en plus de sa spécialité.
Dans les déserts médicaux, la perte de chances serait multifactorielle. D’abord, il y aurait cette fameuse pénurie des médecins généralistes. Selon l’Atlas de démogaphie médicale 2020 du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), l’effectif des retraités actifs a augmenté de 225 % en dix ans. Qui les remplacera quand ils partiront ? « Nous sommes comme les soldats de 1914 qui attendent une relève qui ne vient pas ! », souffle le D’ Pierre Lévisse, qui devrait être à la retraite depuis deux ans. Le praticien affirme assurer une soixantaine de consultations par jour. il est également engagé dans l’Association de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM).
En France, en 2020, l’activité intermittente a augmenté de 47,5 %. Ces médecins remplaçants pallient les déficits d’effectifs. Mais, en allant de cabinet en cabinet, ils ne peuvent pas toujours suivre de façon régulière les patients. Au Mans, cet été, Rémy, la quarantaine, a fait les frais de ce jeu des chaises musicales. Avant d’être pris en charge en cancérologie, il a raconté son histoire quatre fois à quatre praticiens différents. Après cette errance médicale de plusieurs semaines, il apprenait qu’il avait une pathologie hématologique grave.

Impacts concrets
Et quand il y a des médecins dans ces fameuses zones désertiques, ce n’est pas toujours mieux. Salles d’attente bondées, plannings saturés... Certains praticiens frôlent l’épuisement et confient leur peur de faire des erreurs médicales. Sofia Chaabane, docteur en médecine, rapporte ce fait dans sa thèse, « Le médecin généraliste en retard sur ses consultations : vécus et ressentis », publiée en 2018.« Comme je ne fais pas les choses posément, j’oublie de poser des questions, j’examine les gens trop rapidement, donc, ensuite, il faut que je les réexamine », se désole ainsi un généraliste quadragénaire débordé qui exerce en zone rurale, en haute Normandie. « On va plus vite. On bâcle en sachant qu’on va être plus succinct  », poursuit un autre médecin dans le même cas. Les patients les plus lésés en raison de ces emplois du temps surchargés seraient les personnes atteintes de maladies chroniques, de diabète notamment.« Dans une consultation de quinze minutes, il est impossible de prendre [en charge] globalement un diabétique et de regarder son dossier de A jusqu’à Z », déclarait un praticien à la thésarde, toujours dans la même région. Un autre abonde : « Cela m’arrive de repousser le malade chronique car je sais que je vais le revoir trois mois après.  » Dans les Hauts-de-France, le Dr Pierre Lévisse s’interroge sur ces pratiques : « Je ne reconnais pas là la majorité de la profession. La plupart des médecins s’épuisent à honorer toutes les consultations ».
- Après la consultation chez le médecin généraliste, le patient prend rendez-vous chez le cardiologue, le neurologue ou l’ophtalmologue. Le délai entre l’appel passé au secrétariat et le jour J peut être long. Mais avec quelles conséquences ? « Tous les jours, je vois l’impact concret des mois d’attente sur la santé des patients », rapporte le Dr Lévisse. Pour un dépistage du cancer colorectal, un homme atteint d’un petit polype peut se trouver trois mois après sur la table d’opération pour une chirurgie plus importante. Pour la prise en charge des myélomes (maladie de la moelle osseuse) également, chaque semaine compte. « A Caen, le délai d’attente des hématologistes était de trois mois. Cet été il est passé à quatre mois », regrette Laurent Gillot, porte-parole de l’Association française des malades du myélome multiple, l’AF3M.
« Lorsque j’ai un patient avec un début de maladie de Parkinson, je n’accepte pas qu’il attende six mois avant de voir un neurologue ! », s’insurge le Dr Lucie Bertrand, qui utilise systématiquement son carnet d’adresses pour raccourcir les délais. Dans les Hauts-de-France, Aurore, la trentaine, asthmatique, souffrant d’une apnée du sommeil, s’interroge. Pourquoi doit-elle attendre plus d’un an avant de voir un cardiologue ? « Elle peut en faire, des arrêts respiratoires, en attendant son rendez-vous », maugrée son généraliste. Pour certaines pathologies, notamment psychiques, la difficulté à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste peut décourager un patient isolé. C’est le cas de Patricia, dans la Haute-Saône. Atteinte d’un trouble obsessionnel du comportement, la quinquagénaire a dû faire des kilomètres et des kilomètres pour être prise en charge. Pendant plusieurs mois, elle a renoncé à se faire soigner...

Question taboue
L’inégalité territoriale est flagrante. « Pour le traitement du cancer, plus on est en milieu rural et plus on est à distance des centres dotés de traitements innovants », fait remarquer Laurent Gillot. « Cette question est taboue. Jamais les médecins ne leur diront qu’ils ont subi un retard de prise en charge », rapporte Lucie Bertrand. Selon le rapport 2020 du Cnom, l’espérance de vie dans les Hauts-de-France est réduite de deux ans chez les hommes et les femmes par rapport à la moyenne nationale. « La preuve par les chiffres de la perte de chances pour les patients des déserts médicaux », estime le Dr Lévisse.

(1) Le prénom et le nom du docteur ont été changés à sa demande, par souci de discrétion vis-à-vis de ses patients.
(2) Le prénom du patient a été modifié.

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