« Anita, de Groix »

"Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire"

Des Groisillons aux Sables d’Olonne

Publié le 9 avril 2020 à 16:05

Ou une explication (?) de l’immigration des pêcheurs bretons aux Sables d’Olonne…

Extrait de la Revue OLONA N° 184 JUIN 2003

LES SABLAISES ET LES MARINS SABLAIS VUS PAR UN COMMISSAIRE DE L’INSCRIPTION MARITIME
Roland Mornet (1)

L’examen de la correspondance d’un chef de quartier maritime du temps jadis est pour nous un exercice particulièrement passionnant et instructif ; l’étude de ces échanges épistolaires permet d’obtenir des informations les plus variées et de la plus grande importance. (...)

Pour le chercheur compulsant ces archives, grand est le danger de s’écarter de son sujet, comme en l’occurrence... Reprenons la dérive...

Aux détours de missives profuses de lecture malaisée, notre attention a été attirée par les observations du Commissaire de l’Inscription Maritime , chef de notre quartier dans les années 1860 sur ses administrés.

Voici ce qu’écrivait cet honorable fonctionnaire au Commissaire Général, alors à Rochefort :

« Voici deux ans bientôt que je réside aux Sables ; j’ai fait l’impossible pour leur prouver que je voulais leur bien et rien que leur bien, que le gouvernement plein de sollicitude et de bienveillance met aujourd’hui à la disposition des quartiers des moyens puissants d’action pour apporter parmi les pêcheurs des éléments de bien être qui leur ont manqué jusqu’à ce jour

Voilà ce que j’ai dit et répété mille fois, ce que j’ai appuyé de toutes les façons possibles ; voici ce que j’ai obtenu : quelques vagues promesses aussitôt oubliées, plus souvent l’indifférence la plus complète, parfois l’hostilité même de ces gens.

L’égoïsme et l’immobilité sont les vices dominants des marins sablais ; ils ont atteint un degré d’intensité qui d’ici un grand nombre d’années ne laissera aucune chance d’influencer heureusement leurs actes et d’obtenir par la persuasion, ni même par la concession des avantages les plus incontestables, une conduite plus sage et plus utile à leurs intérêts mêmes.

CES SABLAISES D’OU VENAIT TOUT LE MAL

Les femmes semblent appartenir à une race à part : grandes, fortes, elles ont une allure toute masculine, habituées dès l’enfance à porter de lourds fardeaux et à accomplir à terre des travaux de remblais, à guetter la rentrée des bateaux et à se substituer entièrement aux pêcheurs dans les travaux de bord et le transport du poisson aussitôt que les chaloupes arrivent au quai .

Le mari, le chef de famille n’a aucune initiative dans son intérieur ; il est entièrement subordonné à ces femmes dans l’emploi de l’argent que lui-même gagne comme dans la direction de ses affaires domestiques.

Une immoralité déplorable, une gourmandise qui ne connaît d’autres limites que l’épuisement complet des ressources pécuniaires du ménage, un despotisme violent et contre lequel aucun marin sablais n’ose ou ne peut lutter : tels sont les vices de ces femmes …/…

Les marins des Sables n’ont pas à se plaindre des bailleurs de fonds qui ne leur font d’avances qu’à un taux légal et sous garantie ; mais ils ne vendent leur produit de leur pêche que par l’intermédiaire de femmes qui prélèvent naturellement un bénéfice sur les opérations auxquelles on les fait concourir. Il serait sur ce point, comme sur tout autre, absolument inutile d’appeler l’attention des pêcheurs. J’ai tenté cent fois de leur faire comprendre l’intérêt évident pour eux de supprimer cette dépense de courtage : « elle est dans nos habitudes » ou bien « les femmes ne voudraient pas » telle est leur réponse. »…/…

« [...] Ainsi donc l’égoïsme, la mauvaise foi et le manque d’initiative des marins sablais ne permettent de faire aucun bien sur leur progrès dans la pêche côtière. Est-il du moins un moyen après quelques audaces ?

Je le crois mais je ne sais qu’une combinaison pour triompher des obstacles signalés. C’est ici Monsieur le Commissaire Général que j’appelle toute votre bienveillance sur une proposition

FAVORISER L’IMMIGRATION, TELLE EST LA SOLUTION

Le type de véritable marin, brave dans le danger, endurci à la fatigue, docile envers l’autorité, disposé à se laisser diriger par elle quand une fois elle a acquis sa confiance, ce type est pourtant dans nos quartiers de Bretagne. Là, non seulement le pêcheur est un homme actif et soumis, il est (qualité absolument ignorée ici) homme par les sentiments ».

Pour encourager la colonisation bretonne « vu l’impossibilité de faire progresser et le marin et la pêche de ce quartier », le susdit préconisait tout un système de primes, assez complexes, qu’il détaillait longuement.

Notons aussi qu’il conseillait de prendre de préférence les marins bretons « d’une moralité constatée qui réuniraient des charges de familles considérables et qui compteraient le plus grand nombre de garçons ».

Ce n’est pas tout, une fois ces phratries (sic*)d’immigrants installées il se proposait en quelque sorte de les protéger des « indigènes »

* orthographié ainsi dans la revue

1 - Roland Mornet, retraité de l’I.F.R.E.M.E.R., fait partager sa passion de l’océan en écrivant de nombreux articles dans « Le Chasse-Marée », « Olona », « Mémoire des Olonnes » et « Le Journal des Sables ».

Commentaires :

1. samedi 11 avril 2020 à 23:02

Des Groisillons aux Sables d’Olonne

J"rencontré une Sablaise, son pere marin pecheur surnommé " le Crac" connu jusqu’à nos cote par Gerard ou Francis Orvoen ... une legende dans ce monde ..
Je leurs signe mon respect....
Bise à Dom’ sa fille en souvenir, d’un naufrage et d’une petite girafe aussi ....

Bises en tout aléa ..

Fou..


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