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Gaymard édicte un règlement pour assurer la sécurité des pêcheurs

vendredi 20 août 2004

Hervé Gaymard, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a décidé de prendre au sérieux la sécurité des quelque 20 000 marins-pêcheurs des côtes françaises. Hier, à Cherbourg, il a souhaité « tirer tous les enseignements utiles pour réduire les risques liés à la chute en mer ». Quelques jours auparavant, en Manche, un pêcheur a été porté disparu au large de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) après qu’un autre se fut noyé au large de Grandcamp (Calvados). « Nous n’oublions pas non plus le naufrage de plusieurs petits chalutiers et la disparition de plusieurs marins, récemment, au large de Granville », témoigne Jean-Charles Fournier, du Comité national des pêches maritimes. Entre décembre 1997 et avril 2002, 19 équipages de pêcheurs ont disparu corps et biens, selon les chiffres du bureau « enquête-accidents mer ». Autant de drames qui conduisent Hervé Gaymard et Gilles de Robien, le ministre des Transports, à pousser les feux pour mettre la dernière main à un nouveau règlement sur « la sécurité à la pêche ».

Ce texte, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2006, rendra obligatoires de nouvelles mesures de sauvegarde, notamment sur les bateaux de moins de 12 mètres : c’est de l’un de ces fileyeurs ou caseyeurs trop peu stables par gros temps qu’est tombé à la mer l’un des récents disparus. Le plan sécurité à la pêche de Gaymard devrait y rendre obligatoires un radeau de sauvetage et une balise de détresse automatique en cas de naufrage. En prime, chacun de ces bateaux devra obtenir un certificat de « stabilité approuvée », un brevet jusque-là réservé aux chalutiers de 26 mètres et plus, décerné après inspection par le centre de sécurité des navires présent dans chaque grand port.

Il est également question de généraliser l’usage du fameux vêtement à flottabilité intégrée (VFI). Depuis 2002, cette tenue de travail imperméable est largement subventionnée par des fonds publics : elle permet de s’activer sur le pont du bateau et aussi de flotter en cas de chute à la mer. « Son usage n’est pas obligatoire, mais j’estime qu’environ la moitié des pêcheurs français en sont maintenant équipés », précise Philippe Livet, chef des cinq inspecteurs du centre de sécurité des navires de Boulogne-sur-Mer. Certains patrons-pêcheurs l’imposent à leurs marins, comme Pierre-Georges Dachicourt, « figure » de Boulogne-sur-Mer et président du Comité national des pêches : sur son chalutier, aucun marin n’embarque plus sans la précieuse combinaison.

Par Frédéric PONS
vendredi 20 août 2004 (Liberation - 06:00)
http://www.liberation.fr/page.php?Article=232105

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