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Cinéf’îles présente "LA VISITE DE LA FANFARE"

vendredi 14 mars 2008

au Cinéma des Familles
Le samedi 22 Mars

et vous savez quoi ? On va avoir des nouveaux voisins dans les fauteuils : les nouveaux élus, tous plus férus de culture les uns que les autres !
(ça va nous changer :-) )

Invitée à donner un concert en Israël, une petite troupe égarée se retrouve obligée de passer la nuit dans un bled. Avec leurs hôtes locaux, les musiciens communiquent en anglais ou, du moins, essaient.

A l’heure où les négociations pour la paix ont repris entre Israël et la Palestine, ce premier film israélien qui car­tonne dans les festivals se place résolument du côté de l’espoir et de la fraternité. Ne vous attendez pas cependant à un manifeste ronflant pour l’entente entre les peuples : malgré son sujet, les mésaven­tures d’une fanfare de la police égyptienne au fin fond du désert israélien, la fable est au diapason d’une petite musique sans cuivres ni roulements de tambour... Invitée à donner un concert en Israël, une petite troupe égarée se retrouve obligée de passer la nuit dans un bled. Avec leurs hôtes locaux, les musiciens communiquent en anglais ou, du moins, essaient.

Toujours à deux doigts de virer au fiasco, le périple de la fanfare n’a rien d’une histoire à rebondissements : ici, pas d’action, ou si peu. Tout repose sur un art du minimalisme qu’Eran Kolirin maîtrise à merveille, saisissant sans jamais insister des regards timides, des gestes inachevés, des soupirs d’embarras. Une scène en plan fixe est particulièrement réussie : échoués dans un dancing désert, le trompettiste de la fanfare, un jeune Israélien et une fille triste sont assis en rang d’oignons. Plutôt que d’expliquer au jeune homme la procédure à suivre pour emballer la demoiselle, le tombeur égyptien choisit la gestuelle : il pose sa main sur le genou du garçon, qui fait de même sur celui de la fille, avant de passer à l’étape du bras autour du cou, et ainsi de suite jusqu’à l’assaut final. Une technique de drague en formation accélérée avec application immédiate... L’effet visuel créé par la symétrie des mouvements est à mourir de rire.

Lointains cousins des personnages de Jacques Tati, les membres de la fanfare provoquent le rire parfois sans le vouloir, mais jamais à leurs dépens. Et si le ­cinéaste fait son miel des quiproquos linguistiques et des situations de gêne, il est aussi habile à rendre palpable le fluide magique de certains tête-à-tête. L’émotion tout en ­retenue des scènes intimes semble alors répondre aux séquences comiques, discrètement burlesques. Le film doit beaucoup à ses excellents acteurs. Star en Israël, Ronit Elkabetz est une présence magni­fique, douloureuse et sensuelle ; quant à Sasson Gabai, le chef de la fanfare, il offre ici un époustouflant numéro d’équilibre, entre sévérité et tendresse. Invite à un ­humanisme du quotidien, La Visite de la fanfare combine exigence artistique et ambition populaire. Une formule qui pourrait bien se révéler tonitruante.
Mathilde Blottière Télérama,

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