L’ordre du jour de la réunion du Conseil Municipal comportait la question du vote sur l’abandon des services funéraires municipaux.
La salle était quasiment vide (une trentaine de personnes) et c’est heureux car nous avons touché le fond !
On se serait cru en pleine campagne des municipales en pire !
Je passe sur le comportement intolérable mais ultra-connu des électeurs de l’opposition, incapables de respecter le règlement qui interdit au public de se manifester pendant les débats. C’est hélas habituel et, pour certains d’entre eux, il est connu que le respect de la légalité est chose inaccessible.
Le chef de l’opposition est revenu sur la décision de la majorité d’abandonner la prise en charge des obsèques comme elle préexistait. Il justifie sa position par plusieurs arguments plus ou moins recevables :
- l’abandon de la tradition. Certes, des familles groisillonnes avancent ce leitmotiv à chaque changement et on peut comprendre que l’opposition tienne à cultiver ce sentiment, principale base de son programme électoral.
- l’augmentation faramineuse du coût des obsèques. Le fait que le maire réaffirme que l’enterrement d’un Groisillon nécessiteux sera pris en charge (comme la loi le lui oblige) ne rassure pas ceux qui veulent continuer à payer moins que partout ailleurs, sauf dans les îles où aucune compagnie commerciale ne peut intervenir dans les temps (Sein, Ouessant).
- l’abus manifeste des compagnies commerciales à faire payer des opérations même quand elles sont effectuées par les familles (que recouvre l’intitulé "démarches et formalités"?)
- l’existence de textes détaillant les diverses possibilités offertes aux communes. Encore faudrait-il ne pas sélectionner ceux qui paraissent aller dans le sens de la protestation mais tenir compte aussi des contraintes légales que chacune des formules apporterait.

Face au chef de l’opposition, la défense du maire paraît bien faible.
Certes, l’étude des textes prouve qu’il est dans l’obligation de respecter certaines contraintes et notamment celles liées à la vérité des prix et à l’absence de concurrence "déloyale" (merci l’Europe !!)
Obligation également d’avoir du personnel formé. La concurrence commerciale pourrait facilement ester en justice si le maintien de personnel non qualifié persistait. Encore faudrait-il en avoir sous la main : trouver deux volontaires pour remplacer les "longues maladies", payer les formations + celle d’un remplaçant en cas d’absence. Quel en serait le coût ? Tout ça pour 26 décès de Groisillons ?
Le fait que les "hurleurs" de l’opposition ne connaissent pas les textes (et ne veulent pas les connaître) ne fait pas disparaître ces textes par l’opération de leur saint-esprit.

Enfin, là où on touche le fond, c’est dans la pratique de la démocratie à l’intérieur du conseil municipal :
Que les conseillers municipaux apprennent, en même temps que le citoyen lambda, la décision du maire, sans que le sujet ait été traité en bureau (où, de plus, seuls certains adjoints assistent...) et surtout sans que les textes convenablement sélectionnés et analysés ne leur aient été transmis. On remercie F. Marguet de ne pas avoir participé au vote pour cette raison.
Le maire aurait-il oublié que les décisions doivent être prises par les représentants de la population suffisamment informés et exécutées par les administratifs ET NON L’INVERSE ??

Faudra-t-il également lui apprendre qu’une décision bien expliquée, par écrit, sur son site et le bulletin municipal, sera mieux comprise par la population que dans des réunions transformées la moitié du temps en joutes électorales ?