Certains bénévoles, sur le pont du petit matin aux heures tardives de la nuit (hein C et JM. D ?) n’ont pu voir les films projetés.
Des séances de rattrapage leur sont réservées. Ce sera aussi l’occasion pour certains d’entre eux de faire, pendant ce week-end, plus amplement connaissance (hein Lulu ?).
En attendant... un extrait du N°6 de l’Ilôt, le petit journal du Festival :

Les raisons de l’engagement de Guéna dans l’aventure grecke.

L o r i e n t

Mercredi d’octobre lumineux et presque chaud, plein milieu de l’après-midi.
On vise un peu la carte du menu dans la vitrine. Cette semaine, lundi : steak hâché…, mardi : escalope de poulet… mercredi : agneau…, jeudi : poisson…, vendredi : cassoulet…
On pousse la porte déjà ouverte, Gwena nous accueille dans un beau tablier, le tablier lui sied bien et c’est dans cet habit que nous l’avons souvent vu au Festival ces dernières années, en général du côté des cuisines.

- Alors, c’est toi le Président ? !
Je ne suis pas le président… je suis le coordinateur des forces vives du Festival, une espèce de médiateur. Je ne me considère pas comme un Président Directeur Général, patron d’une entreprise comme le CAC 40. Je suis élu démocratiquement par le conseil d’administration et sans indemnité ni de départ et ni d’arrivée d’ailleurs ! Je ne bénéficie pas de "golden parachute", malheureusement…

- Comment en arrive–t-on là ?
Pour une raison évidente au départ : je suis amoureux de Groix. J’aime Groix, alors je fais quelque chose pour Groix.
Et puis le festival est un festival militant, ça a son importance pour moi, c’est même fondamental. Je me suis senti en osmose avec l’équipage et les bénévoles, bien dans le bain. Quand j’ai été sollicité , j’ai hésité un peu et j’ai dit "oui". OUI, parce que je suis en phase avec leur projet indépendant, militant et en marge des autres festivals. C’est un festival vivant, où l’humain est au centre, ce ne sont pas les cartes postales îles paradisiaques- cocotiers.
Au festival nous montrons, nous racontons les gens et leur vraie vie, leurs bonheurs, leurs pleurs, leurs rires, leurs difficultés, leurs différences…
Et puis le festival, c’est l’ouverture au monde…

- et aux autres ?
Oui, aux autres, ce n’est pas un festival replié sur soi-même. C’est un élément important pour moi, l’ouverture au monde et aux autres. _ Attention, je parle d’un monde différent du monde marchand actuel, d’un monde de découverte, de solidarité, humain, hors mondialisation, avec le respect des autres. Quel bonheur, c’est ça le bonheur…

- Le millésime islandais a été bon ?
Très bon. A plusieurs points de vue : la fréquentation dans les salles a augmenté de 14 % et nous avons dû refuser du monde. Notre Yann préféré nous avait concocté une sélection de films de qualité, il faut lui rendre un hommage très très appuyé, Yann est la cheville ouvrière du festival.
Au niveau animation, la "Compagnie Carabosse" nous a fait une prestation à embraser et nous a fait regarder Port-Lay avec des yeux d’enfants. Exceptionnel… Pour les musiques, c’était top et d’un niveau que l’on a rarement eu pendant les festivals précédents.
Et puis cette année, le festival a enclenché une réflexion sur les îles en danger sous forme d’expositions et de débats avec comme invitées les îles du Ponant, des îles danoises et Tuvalu : quelles alternatives énergétiques existent pour les îles, sachant que celles-ci sont un véritable concentré des problèmes rencontrés sur le continent en matière d’environnement,d’énergie et d’eau? Ce débat doit perdurer, il faut le continuer, c’est extrêmement important. Quel type de développement doivent choisir les îles en matière de pêche, d’emploi… ?

- Le Festival du Film insulaire, ce n’est que 4 jours en août ?
Oui, ça peut paraître court, c’est ce qu’on nous reproche mais il faut savoir que 4 jours de festival nécessitent des moyens humains et financiers considérables et organiser un tel évènement sur une île est un paramètre dont il faut tenir compte et qui ne nous facilite pas la tâche.
L’an prochain, nous invitons le Sri Lanka et le festival se déroulera sur le même nombre de jours avec, de nouveau, des débats sur les îles en danger.
Par contre, en 2010, nous voulons inviter toutes les îles qui ont été nos invitées ces précédentes années pour le 10ème anniversaire du Fifig. Nous avons donc imaginé un festival plus long, peut-être d’une semaine.
Le reste de l’année, nous organisons deux fêtes, une en mai et l’autre en juillet.
L’équipage du Fifig travaille tout le long de l’année, je vais à Groix pratiquement toutes les semaines. Un festival se prépare d’une année sur l’autre.
Et puis en avril, nous irons faire du cinéma à Yeu et sans doute à Sein. On s’exporte sur d’autres îles.
Nous sommes aussi en étroite relation avec le Festival du film insulaire de l’île de Tory en Irlande. On échange des films. Yann s’y est rendu. Et puis on envisage de travailler pour le 10ème anniversaire du Fifig avec le Festival Interceltique de Lorient pour un spécial "îles celtiques".

- Monsieur le président, un dernier petit mot ?
Fifig : carrefour des différences, des solidarités, un espoir dans ce monde de brutes... - (Guéna)