Naufragée, au milieu des coureaux,
Tes bras se tendent vers d’impossibles bateaux.
Tes quais sont vides, et tes phares,
Clignotent vers de lointains mirages.

Tu as jeté l’ancre, ma vagabonde,
Les flancs de tes navires sont vides,
Et tes marins, sans honte,
A montrer, n’ont plus guère que des rides.

Vers quelle contrée lointaine
Sont partis tes thoniers?
Mais, Non ! Plus de fredaines,
Ils étaient les derniers.

Port-Tudy, ta montée reste muette,
Le choc des sabots t ’a quitté,
Et au cri de la mouette,
Répond un silence désoeuvré.

Le vent souffle sur ta lande déserte,
Et s’attarde à jouer sur une coiffe solitaire.
Où es-tu, est-ce le signe de ta perte,
Ou as-tu appris à te taire?

Ne change pas, mon île,
Ton cimetière est plein de témoins du passé.
Ne te vend pas à ceux qui viennent en files !
Les Grecs sont fidèles et savent encore t’aimer.

Hatoup ! Mon île. Tu survivras,
laisse les sorcières de côté ;
pour nous, tu resteras,
A jamais, l’île aux fées.

Jeanine GUERAN, Le 02/07/1997

En hommage à ma mère Jeanine Hardy épouse GUERAN