Salle comble !
Heureuse surprise même si, j’en suis certaine, les deux naïfs qui avaient eu l’idée il y a bien longtemps avaient espéré que les souvenirs et l’histoire de l’île soient mieux partagés entre jeunes et vieux. Merci à Cécile et à son collègue de l’époque :-).
Jo Le Port a passionné son auditoire comme à l’habitude, mêlant documents historiques et anecdotes enjolivées de mots greks.
Il a ainsi raconté le pillage des pierres de la chapelle de Kerloret transportées en karrigell jusqu’à Port-tudy pour la construction de l’usine et la malédiction proférée par les villageois du cru. Il a pu rappeler les incendies qui en ont suivi et la fin prématurée de l’entreprise.
Personnellement, j’en ai été confortée dans l’idée que s’il y avait une existence encore connue de chapelle à Kerloret par nos contemporains , (en plus d’un café présent dans beaucoup de mémoires) c’est que Kerloret était bien un village et non un hameau (au sens du P.L.U. cher à notre édile).
Les personnages interrogés par Gilbert Nexer ont ravivé aussi ce que les plus anciens conservent de personnes disparues et de pratiques semblant hors du temps. Ainsi faire une chaîne humaine de Port-Tudy à Port-Lay pour y amener les thons à l’usine nous paraît incroyable alors que cela ne date que de quelques décennies.
Les travaux de Port-Tudy commencés au milieu du 19ème siècle ont permis à Jo de comparer les promesses non tenues (ou ajournées) de l’époque et le "chtal" provoqué par les travaux de la cale Guyot. Même si, comme le dit Jo : "et maintenant, tout le monde est bien content !".
Les photos aériennes des années 50/60 nous interrogent sur la fureur de ceux qui ne veulent pas voir de nouvelles constructions alors qu’on y distingue qu’ils ont eux-mêmes posé leurs maisons sur la lande encore déserte au milieu du siècle dernier.
Les noms propres cités par Jo ne tintaient pas non plus tous de sonorités purement groisillonnes. Entre ceux qui venaient créer du travail et ceux qui venaient en chercher se sont créées de nouvelles souches bien enracinées maintenant. Ainsi va la vie sur l’île.
Jo et José, (le roi du "gwastell"), je vous prie de m’excuser pour l’orthographe approximative des mots en langue groisillonne ; à notre prochaine rencontre, dans un des lieux bien famé du caillou, je me ferai pardonner :-)