État d’urgence
Une cinquantaine de GI’s, lourdement armés surveille en ligne les abords du camp. Cette attitude a le don d’exaspérer les militaires et les gendarmes français dont la présence au sein de la population est beaucoup plus discrète. «On a l’impression que les Américains sont en guerre», commente un sergent. À ses côtés, quatre autres hommes armés ; ils prennent la précaution de tomber leur fusil. Les Américains se déplacent toujours dans de gros véhicules blindés en ville. Contrairement aux Français, qui assurent toujours des patrouilles à pied.
Le Télégramme 17 février 2010 -

Haïti : des milliards et après ?
.../.. Les Haïtiens ont du mal à croire que cette fois, en plus des solutions immédiates de l’urgence, un véritable projet de développement compris et soutenu par une majorité d’entre eux émergera. Il est évident que les gens réclament tout de suite des médicaments, de la nourriture et des tentes. Mais il est aussi évident qu’ils veulent également un travail dans un pays stable, pour pouvoir "se reconstruire".

En réalité, avant le tremblement de terre du 12 janvier, Haïti était encore le théâtre de plusieurs chantiers de reconstruction "post-désastre" inachevés, voire oubliés. .../...Les populations ont très peu d’informations sur les montants collectés en leur nom, sur les dépenses publiques des gouvernements qui se sont succédé depuis, sur les projets en cours ou arrêtés et sur ce qu’ils sont encore en droit d’espérer.
.../...Une "économie de l’humanitaire" s’est substituée peu à peu à l’économie "réelle", d’initiative privée. En 1994, il ne restait plus que 400 emplois dans les zones franches, sur les quelque 33 000 de toute l’industrie d’assemblage. Cet embargo de trois ans a aussi affaibli les structures de l’Etat central et local car tous les projets de la coopération internationale furent confiés au système des Nations unies et aux ONG internationales. Aujourd’hui, cette multitude d’ONG, de fondations, d’agences internationales intervenant en Haïti doivent tout faire pour éviter la guerre de territoires, d’idéologies et de modèles de développement.

Nesmy Manigat LEMONDE.FR | 17.02.10 |