Photo de Philippe Guillaume que je remercie.

Fini le stress estival et retour attendu à nos habitudes de convivialité insulaire. C’est sans doute pour cela qu’en moins de 24 heures, j’ai eu la visite de courtoisie de mes 3 Mousquetaires (qui sont 4 comme chacun le sait).

Après les "comment ça va co" rituels, chacun m’a fait part de son état d’esprit du moment.

Eh ben, ça ne va pas me remonter le moral !

Lundi soir, devant un pot-au feu, d’Artagnan nous a confié qu’il fallait qu’il se trouve un loisir suffisamment "détoxicant" pour essayer d’éloigner de son esprit les constats qu’il a pu faire ces trois derniers mois dans le cadre de ses diverses activités.

Mardi matin, Athos, qui ne doute de rien, nous informait qu’il allait travailler, par écrit ou autrement, pour mettre en forme les commentaires qu’il a recueillis sur la vie groisillonne pendant cette période des plus pénibles*.

Successivement, l’après-midi, Porthos nous disait ne plus pouvoir supporter le sans-gêne de certains se croyant tout permis parce qu"ILS SONT EN VACANCES, NOM DE D..." et Aramis se questionnait sur l’éducation que donnent à leurs enfants des parents qui les traînent en meute sur leurs vélos en sens interdits, ou en prenant toute la route.

Les quatre s’inquiétaient aussi de l’ambiance "OK Corral" sur les quais de Port-Tudy la nuit.

Et moi, pontifiant comme d’ordinaire, reliais tout ça à l’appétit de tourisme qui a saisi l’île depuis quelques années et au changement le plus récent de population, ce qui me conduit à craindre le résultat des prochaines élections municipales.

Comment essayer de maintenir notre mode de vie si l’on voit d’un côté, temporairement, passer des gens dévastant tout sur leur passage et d’autres dont les seules préoccupations sont de préserver leurs biens en se calfeutrant derrières des barrières ou des haies démesurées, même s’il ne sont là que deux semaines par an ? cela ne les empêchant d’ailleurs pas de se faire quelques revenus supplémentaires en les louant, le plus souvent au black ou en Airbnb.

J’ai résumé ça quand, revenue au grand calme habituel, j’ai fait le bilan : "ah ben, m...de alors, je ne pensais pas en venant me réinstaller à Groix en 1999 que je me retrouverai "à Belle-Ile" en moins de 20 ans" !!