et la vie comme elle va

Plonger dans la vie de nos anciens grâce à la superbe exposition présentée par le Cercle Celtique au Musée m’a entraînée dans un abîme de réflexions philosophiques.

N’étant pas Michel Serres, je ne peux vous présenter une conférence inaugurale en Sorbonne mais seulement des anecdotes de deux vies parallèles ayant Groix comme socle commun.

A + ou - 20 ans de distance temporelle, dans le premier tiers du siècle passé, sont nées dans le village de Quehello deux filles dont les pères s’appelaient Tonnerre, sans doute cousins à la mode de Bretagne puisque tous les Tonnerre sont issus de la même lignée.

Leurs familles étaient toutes deux marquées de la fatalité, le grand-père de l’une était mort en mer et celui de l’autre, également marin-pêcheur, victime d’un très grave accident en mer en est resté invalide et est mort jeune.

La différence d’âge des fillettes ne leur a pas permis de jouer ensemble bien que leurs maisons fussent en vis-à-vis sur la place du village. La vie suivit son cours pour ces deux familles dont l’une fut rudement touchée par la grande Guerre. Ni l’une ni l’autre n’avait à transmettre à leurs descendantes de beaux costumes qu’elles auraient pu arborer dans les fêtes carillonnées et offrir plus tard à l’Ecomusée.

Ces deux fillettes devenues grandes quittèrent Groix, se marièrent avec des "étrangers" et eurent à leur tour, à environ 20 ans de distance, deux filles qui ne rompirent pas leurs liens insulaires.

Et, voyez comme bizarre est la vie, ces deux-là ont choisi de finir leur existence ici, chacune très active, avec des centres d’intérêt si différents que le moins que l’on puisse en dire, est qu’ils paraîtraient en totale opposition à quiconque les verrait faire. Leur seul point commun semble être un attachement indéfectible à leur caillou !

On les retrouve toutes deux passionnées par le travail du FIFIG et de Cinéf’îles, supporters, entre autres, de Musique à Groix et St Gunthiern sans oublier Ile Teatro, la Kleienn et Musicanou.

Et on peut les voir, côte à côte, tous les 3 mois environ, faisant face au maire lors des réunions du Conseil Municipal, chacune lui posant deux questions :

la plus jeune, lui demandant de maintenir coûte que coûte l’histoire et la culture de l’île

et la plus vieille ne parlant que du futur et de ce qui est nécessaire pour maintenir dans l’avenir une vie digne aux Groisillons.

Merci pour ton amitié Elizabeth et longue vie à toi