La Mort et le Bûcheron, peint par Léon Lhermitte, 1893

(musée Jean de La Fontaine)

"Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better." (Samuel Beckett - Worstward Ho)
(Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux.)

Depuis que le tentacule Océane de la pieuvre Veolia (avec l’appui du politicaillard Goulard) a décidé de couper les liens familiaux entre Groisillons et continentaux en augmentant les tarifs des traversées, je me bats pour essayer d’obtenir un tarif spécial, afin que des familiers à faibles ressources puissent venir ponctuellement aider des personnes handicapées, malades ou âgées.
Après maints essais infructueux , je me décide à publier ma dernière intervention auprès du maire, intervention dont on pourra lire qu’à sa suite, et une fois de plus, elle aboutit à un échec... temporaire ?

Etat des lieux

En 2014, le Conseil Général, dans sa grande mansuétude, a décidé de pénaliser les résidents permanents en supprimant les tarifs spéciaux attribués jusque là à leurs descendants. Ce faisant, il pénalisait également l’économie puisqu’il réduisait le nombre de leurs visites et entraînait des passages plus fréquents des résidents permanents vers le continent, créant ainsi une deuxième pénalisation à l’économie îlienne. Les déplacements des "vieux" Groisillons au moment de Noël en sont la meilleure illustration. Il serait aussi intéressant d’étudier la statistique des ventes de maison appartenant à des couples vieillissant qui avaient pourtant primitivement envisagé de finir leur vie à Groix.

A chacune de nos demandes, il nous a été répondu qu’il existe des abonnements permettant de réduire les coûts des passages. Mais c’est oublier que les personnes en activité salariée n’ont bien souvent que deux périodes de vacances dans l’année et que, si elles habitent loin, elles envisagent difficilement un déplacement lors des grands week-ends, nécessitant deux jours sur la route pour un jour de présence sur l’île (faudrait-il encore qu’Océane consente à leur attribuer une réservation aux horaires souhaités...)

Une conséquence pernicieuse supplémentaire est vite apparue : les personnes très âgées, malades ou handicapées ne peuvent plus bénéficier de l’aide ponctuelle que leur apportaient leurs proches continentaux pour solutionner des problèmes qu’elle ne peuvent affronter seules : accompagnement sur le continent pour une visite médicale, documents administratifs à rédiger, essayage et ajustage de vêtements, pelouses à tondre et haies à tailler, grand ménage de "printemps" etc.

La grande majorité de ces personnes n’a pas les ressources financières leur permettant de salarier un professionnel pour ce genre de corvées. La preuve en est dans le nombre d’accidents relatés dans la presse concernant des vieillards intervenant sur une branche d’arbre ou sur une gouttière de toit. (Mon ancien médecin généraliste m’avait raconté avoir vu une de ses patientes nonagénaire grimpée sur une chaise posée sur une table pour nettoyer un lustre !)

Sans compter que le maintien chez elles des personnes âgées (ou handicapées) est bien facilité quand la famille est partie prenante. Mon expérience d’infirmière de secteur psychiatrique ayant visité des malades à domicile m’autorise à l’affirmer avec force.

Cette évidence a d’ailleurs dû être exploitée par les services qui ont attribué des tarifs "insulaires" aux familles des personnes titulaires de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie, attribuée sans condition de ressources) alors que ces personnes bénéficient déjà d’assistance de personnel à domicile. Le comble est que certaines personnes avec APA, résidant en EHPAD, donc entièrement prises en charge et sans soucis afférents à l’entretien d’un logement, bénéficient de la visite de leurs proches avec "Pass-Ilien" (MEME POUR LEUR VOITURE !). Puis-je me permettre de rappeler que ces séjours en EHPAD ont par ailleurs un coût élevé pour les collectivités ? Pour cette raison, la politique sanitaire et sociale actuelle affirme favoriser le plus longtemps possible le maintien à domicile.

Propositions :

Tout d’abord précisons que quelle que soit la proposition qui sera retenue parmi celles présentées ci-dessous, aucune incidence financière ne sera à supporter ni par la Compagnie délégataire ni par la Région ou la Commune. En effet, les tarifs spéciaux accordés aux aidants leur permettront d’utiliser un transport qu’ils n’utilisent pas actuellement pour cause de tarifs prohibitifs. Il suffirait à la Compagnie délégataire de ne pas accorder ces passages lors des jours ou horaires en surcharge de passagers.

La formule choisie ne dépendra donc que de la volonté des élus locaux et régionaux de défendre une mesure à visée purement sociale auprès d’une Compagnie qui se vante par ailleurs de renouer avec les bénéfices. On a du reste pu se rendre compte de la véracité de cette affirmation en constatant le changement de son site internet, certainement très coûteux (mais qui ne donne pas satisfaction aux usagers).

Il serait d’autre part nécessaire de demander aux personnes dont l’état nécessite ces présences ponctuelles, les noms de leurs aidants pour qui elles souhaitent bénéficier de ce geste de solidarité. En effet, les aidants ne sont pas toujours des descendants directs (cas de couples non mariés ni pacsés, voire même de personnes qualifiées ayant fait preuve jusque là de plus d’intérêt pour la personne âgée que ne l’ont fait certains de ses propres enfants).

Suggestions pratiques

- La solution idéale serait d’accorder ce Pass Ilien aux personnes désignées par le bénéficiaire de l’assistance, à sa demande et sans conditions de ressources.

-Des élus moins préoccupés par l’aspect social de cette aide pourraient la limiter selon l’âge ou l’état de santé certifié par attestation médicale.

-Une mesure plus restrictive encore pourrait tenir compte du Quotient Familial des personnes détentrices de la carte attribuée.

-Enfin la solution qui conviendrait aux tenants de la politique actuelle, pour lesquels l’aide aux plus démunis passe après celle aux nantis, serait de délivrer une carte familiale collective limitée à un certain nombre de passages annuels, révisable selon l’état de santé par exemple, et utilisables indifféremment par l’une ou l’autre des personnes préalablement désignées.

Espérons que la proximité plus ou moins évidente d’échéances électorales fera que ce problème sera enfin pris en compte par nos élus.

LA REPONSE DU MAIRE A CE COURRIER :

Madame,

J’accuse réception de votre courrier en date du 8 février dernier qui a retenu toute mon attention.

En ce qui concerne votre souhait de voir attribuer un tarif spécial bateau aux personnes venant du continent

pour aider un parent malade ou ayant des difficultés à gérer seul leurs problèmes, j’ai le plaisir de vous informer que votre souhait est exhaussé.

En effet, la compagnie Océane nous a confirmé que " la carte CCAS" est délivrée aux enfants dont le parent est bénéficiaire de l’APA qu’il soit à l’EHPAD ou à son domicile. .../...

Donc risque de perdurer encore longtemps le système injuste qui consiste à aider les personnes déjà prises en charge par la collectivité et à refuser l’aide (qui ne coûterait rien) à celles qui, pour la plupart, ne peuvent même pas envisager une admission à l’EHPAD, faute de moyens.

Je crois avoir compris hier, à la fin de la réunion du Conseil Municipal, que la question sera revue en réunion de CCAS. Espérons que les élus qui y siègent aient une vue plus équitable que la Compagnie Océane !