du regretté Jean-Paul Tonnerre

Qui se souvient de moi.
Ici sur la vasière. ?
Pour un dundee de Groix,
Triste fin de carrière.
Voyez-moi à présent,
Relégué en exil,
Comme un vieillard gênant
Expédié à l’asile.
Mes membres vermoulus
N’ont plus rien d’un navire
Il n’en reste tout au plus
Qu’un lointain souvenir.

Port-Tudy, j’étais bien,
Abrité dans tes bras
Aimé par des marins
Qui ne m’oubliaient pas...
Souviens-toi au printemps
De mon allure altière
Les voiles gonflées du vent
Des campagnes thonières
Derrière ces horizons
Chaque jour inconnus
J’ai vécu des instants
Que je n’oublierai plus.

Il n’y a pas longtemps
J’affrontais les colères
De ce vieil océan
Par qui j’ai tant souffert
Oui, souvent j’ai tremblé
Quand le vent était fort
Pour pouvoir ramener
Mes amis à bon port.

Je n’ai pas oublié
Ces marées de septembre
Ah ! Malheur au voilier
Qui se laissait surprendre.
Combien de mes proches
Ont eu la fin tragique
Disloqués sur les roches
Des côtes de l’Atlantique.
Ils ont eu peu de chance
Mais sont morts une nuit
Sans voir la déchéance
Du dundee que je suis.