Fidèle à ses choix ambitieux et engagés, l’association groisillonne nous offre deux films d’Ettore Scola, mort le 19 janvier de cette année.

Nous nous sommes tant aimés

« Nous voulions changer le monde, mais c’est le monde qui nous a changés », constatent, amers mais fatalistes, les héros de son chef-d’oeuvre, (1974), qui entrecroise les destins (et les vicissitudes) de trois amis, anciens résistants qui ont fait ou non leur chemin dans la « nouvelle Italie ». Désenchantement, bien sûr mais aussi extrême tendresse pour des personnages vaincus par l’Histoire qui nous ressemblent pas mal.

Le Bal (le film aux 3 César)

Le film commence en 1936, à l’époque du Front Populaire, puis, après l’entracte de la guerre et de l’occupation allemande, où la salle de bal servait d’abri, arrive l’explosion de la Libération et de la musique américaine, façon Glen Miller. Un peu plus tard, c’est le rock, puis les années soixante, puis mai 68. La boucle est bouclée. Le bal se termine mélancoliquement.

Télérama : "En 1983, le public comme les critiques sont unanimes pour saluer en Ettore Scola un créateur libre et imaginatif, un homme capable de ne jamais renoncer à sa liberté intellectuelle et morale, sans parler de la générosité de ses convictions politiques."

L’Express : "C’était un homme de coeur, politiquement engagé, mais avec un regard humain. Ses films relevaient d’ailleurs beaucoup de l’anthropologie, comme Nous nous sommes tant aimés où on voyait la bourgeoisie triompher de l’idéologie des jeunes protagonistes."

Il devait réaliser à Paris un long-métrage avec Gérard Depardieu, révèle Jean A. Gili. Le film était majoritairement financé par une société appartenant à Silvio Berlusconi, qui eut la bêtise de dire : "Voyez comme je suis ouvert, je produis même des films réalisés par un communiste." Cela a mis Scola dans une rage folle. Refusant que l’autre se fasse de la pub sur son dos, il a abandonné le projet.