Allez, pour clôturer les vacances, deux autres anecdotes estivales :

Au Bourg, vers 19H, un autochtone nonchalant entreprend de traverser la rue pour rentrer chez lui. Arrive un cycliste à vive allure.

"Holà !" fait l’autochtone, pas plus ému que cela, "vous allez finir par écraser quelqu’un !" (lui, en l’occurrence !)
Le cycliste, furieux, met pied à terre. Il crie.

"Mais non, je ne vais écraser personne !"

"Bien sûr que si" rétorque, toujours aussi nonchalant, l’autochtone.

Le cycliste est hors de lui. Il hurle, vocifère, éructe :
"P... ! Vous me faites chi... Puisque je vous dis que je ne vais écraser personne !"

Le cycliste a pris une inquiétante teinte violacée en harmonie avec son costume d’explorateur : bermuda beige, chemisette assortie, gilet multi-poches en camaïeu, chèche pouvant à la fois faire office de foulard pendant une tempête de sable et de couvre-chef sous le soleil brûlant. Il ne lui manque que le casque colonial (mais à quoi pensait donc la Redoute cette année, je vous le demande?) pour nous rejouer "docteur Livingstone je présume?". Dieu merci, il n’a entre les mains qu’un guidon de vélo. Imaginez si ce roi du "total look" avait opté pour la machette ! Il nous rejouait l’épopée des conquistadors !

Et puis il y a aussi de jolies rencontres au détour d’un village : je remets mon ânesse au pas à l’entrée d’un village. "Marchez" lui dis-je afin qu’elle change d’allure. Une petite fille aux boucles brunes, juchée sur son vélo, me regarde passer, les yeux écarquillés et la bouche en "O".

" C’est un bébé?" s’étonne -t -elle. " Et c’est toi qui lui apprends à marcher?"

Ces yeux sont brillants d’admiration. Je n’ose la détromper.............

Elizabeth Mahé