Ciao Jaki !

Le grand âge l’avait effacé de nos rues mais pas de nos mémoires. Jaki a été de longues années une figure de l’île et pas des moins originales.

Ses dernières apparitions publiques étaient liées à sa présidence de l’Association des Anciens Combattants de la guerre d’Algérie. Il y a laissé sa griffe en militant pour une plaque sur le Monument aux Morts et pour la dénomination de la place du 19 Mars, date qu’il a défendue becs et ongles contre ses opposants politiques. Il ne fallait d’ailleurs pas le brancher sur le sujet sans cela, il ruminait la rancoeur qu’il gardait contre ceux qui avaient expédié une génération de jeunes hommes défendre, au risque de leur vie, des intérêts qui n’étaient pas ceux de la majorité des Français.

Jaki figure aussi en bonne place sur les photos des anciens pompiers de l’île, aux côtés d’Yves Klein, Joseph Poirier et tant d’autres.
Il laisse aussi un vivant souvenir dans la mémoire des militants du Parti Socialiste local.
La grande majorité des Groisillons se souvient de lui comme correspondant de Ouest-France et notamment de ses fréquents passages vers Lorient quand il portait au journal son rouleau de pellicule avec les photos prises pour illustrer ses articles.

En remontant le temps, on retrouve Jaki dans sa crêperie avec Marie-Hélène. Pat Sacaze a immortalisé l’époque.
Il avait choisi de s’installer à Groix en 1970, inaugurant ici ce que les habitants de l’époque appelaient le style "hippie". Il vivait précédemment en région parisienne, sur le même palier qu’un de nos amis à qui il a d’ailleurs transmis le virus de l’amour de Groix. A cette époque, il travaillait dans le groupe Hersant.
Cette formation lui a d’ailleurs permis de contribuer aux Cahiers de l’Ile de Groix et même dans les années 90 à la création du "Canard Déchaîné", modeste libelle inter-îles.

Né en 1933, Jacky a fait l’école des Beaux Arts. Ses oeuvres ont été exposées dans plusieurs villes de France et dans des bases américaines. En 1959 à Orléans, il a obtenu le prix « Clair Logis », remis par Maurice Genevoix, secrétaire de l’Académie Française et, par la suite, plusieurs autres prix. Artiste accompli, Jaki était aussi clarinettiste.

Il avait mis tous ses dons au service de son île. On regrettera longtemps cette personnalité rare au verbe juste.

Nous prions sa famille et ses proches d’accepter nos condoléances les plus sincères.