Groix serait-elle sous l’influence d’une malédiction ?

José, un des piliers majeurs de sa culture, a choisi de nous abandonner à notre sort. Lourde perte bien sûr pour sa famille et ses proches à qui nous adressons nos condoléances attristées mais également pour les responsables du Cercle Celtique à qui il apportait son concours, avec son compère Jo Le Port, pour oeuvrer à la renaissance du breton de Groix. Il était chargé de l’apprentissage aux débutants.

José et Jo, (chez Beudeff, l’authentique)

Quand je lui avais dit en m’installant ici que je souhaitais apprendre le Groisillon, il m’avait répondu avec son humour habituel, "Pas possible, tu es trop vieille". Il m’avait alors expliqué la nécessité qu’il y avait à parler à l’Ecomusée le breton que j’appelle "dénaturé" parce que c’est celui appris officiellement dans les milieux scolaires depuis que la frange la plus nationaliste de la Bretagne a imposé sa loi dans le domaine. A chaque rencontre, il enfonçait le clou en s’adressant à moi d’abord en breton officiel.

José parlait avec passion de ses débuts à l’Ecomusée. Cette passion a hélas été bien entamée par la suite par une hiérarchie déplorable, et l’alerte lancée pour signaler les dégâts psychologiques d’un acharnement sur les personnels n’a pas trouvé l’écho institutionnel qu’il méritait. L’état de santé de José en a sans doute subi les conséquences.

Heureusement, Les élèves de Colombes et les enfants en vacances au VVF se souviendront de ses soirées contes et de ses leçons d’apprentissage des noeuds de marins. Il les a enseignés aussi comme bénévole au Fifig.

Il était aussi un des pivots des Pauses Café où il ajoutait ses souvenirs à ceux de Jo et Gilbert sans oublier la confection de son fameux gwastell. Il nous laisse en héritage le DVD avec la recette du kouing pod.

Sa trace subsistera aussi dans beaucoup d’autres aventures culturelles. Ne pouvant décemment évoquer que les 20 dernières années, je parlerai de ses participations avec les Zot qu’il a beaucoup soutenus à leurs débuts. : qui ne se rappelle leurs interprétations de Deep purple, son groupe fétiche ?

Il ne se faisait pas prier non plus pour accompagner en chansons Fana & Co lors de leurs passages sur l’île et cela se prolongeait parfois en musique à l’auberge rouge ou à Kerampoulo où nous caquetions de concert :-) Hélas, ces joyeuses rencontres se sont espacées avec le temps et la disparition d’autres joyeux compères.

Bien des raisons nous font craindre une évolution défavorable de l’île mais ces départs successifs de personnes très attachées à sa culture spécifique ne font que renforcer ce sentiment de désolation.

Désolée de terminer cet hommage sur ce constat si désespérant mais je suis déstabilisée par l’accumulation de ces chagrins.