L’écoute de cette émission est une vraie madeleine de Proust. Elle renvoie à tant de souvenirs d’enfance !

Félicitons déjà l’équipe groisillonne pour la réalisation et le choix du sujet. Regrettons qu’elle ait changé son titre initial "Sous le caillou, la plage" sans doute influencée par la polémique ridicule entretenue, comme d’habitude sur FB, par des exilés réactionnaires. Vraisemblablement uniquement téléspectateurs de BFMTV ou de matches de foot, ils ne savent pas que des Réunionnais appellent aussi leur île "le caillou" ; un site internet baptisé Zecaillou y existe même. Sans aller aussi loin, des Bellilois emploient aussi le même qualificatif pour désigner leur île.

Même si personnellement, ce n’est pas dans ma pratique langagière, cela fait bien longtemps que j’entends ce terme dans les conversations locales. Ceux qui l’utilisent régulièrement seront ravis d’apprendre qu’ils sont qualifiés de "bobos" !! (je subodore que ces réactionnaires, dont la seule production écrite se borne à des commentaires facebookiens, ne connaissent pas davantage l’origine de ce terme...)

Revenons donc à ma madeleine. Entendre Jo défendre vertement l’usage du nom de Poulziorec, pour ne pas se laisser influencer par celui de Tahiti beach, d’un ridicule consommé, me renvoie à ma défense du nom de Preoc’h pour l’ensemble de la ria de Saint Nicolas, comme la nommaient les anciens de Quehello.

Quand l’ineffable Sébastienne raconte ses expéditions à la plage, je crois revivre les miennes, en compagnie des garnements de ma moitié de village, avec qui hélas je ne peux partager ces souvenirs puisqu’ils ont presque tous disparu (Charlot, Jo, Georges, Théo etc...).

Petite contradiction (ou exception) à ce qu’énonce Jo : certains des plus anciens (et mêmes anciennes) se baignaient : ma mère, née en 1913, a appris à nager à St Nicolas, comme ses frères (et comme moi).

Y avait-il là aussi une différence entre les bien-pensants de "Prim’ture*" et ces têtes brûlées de "Puisy*" ? On m’a raconté que les marins n’apprenaient pas à nager pour mourir plus vite en cas de naufrage : mes alliés familiaux, ne croyant pas à une vie dans l’au-delà, ont sans doute préféré se donner les moyens d’essayer de s’en sortir (ce qui a d’ailleurs permis à mon parrain, encore novice, de sauver l’ancien patron de l’hôtel de la Marine suite à l’explosion d’un thonier sur une mine allemande).

J’ai bien ri en écoutant la description des maillots de bain tricotés, mais on en riait moins à l’usage : ça grattait encore plus quand ils étaient gorgés d’eau salée !

Et pour me rappeler une période de manque de "ma Bretagne" (qui se traduit chez moi uniquement par "Groix") quoi de mieux que l’extrait de La Côte Sauvage de JR Hugunenin choisi par Samuel ?

J’avais acheté ce livre lors d’une époque de ma vie où j’ai dû rester 3 à 4 ans sans pouvoir venir me ressourcer et ses descriptions, ajoutées à une décoration de ma véranda entièrement consacrée à """mon""" île, m’ont bien aidée. Je vais tenter une plongée dans les étagères du grenier pour le retrouver et le faire lire à l’exilé à Lannion qui doit déjà compter les jours qui restent d’ici ses prochaines vacances :-)

https://radiobalises.com/wp-content/uploads/edd/2019/09/3%C2%B028_Ep11_SousLeSoleilLaPlage.mp3

* un peu de phonétique pour changer ...