C’est à partir de 1925 que d’importants travaux furent entrepris au phare de Pen Men :

-un bâtiment pour deux logements de gardiens fut construit (il sera agrandi en 1955)
- une salle des machine fut créée qui devait, entre autre, servir à installer moteur et compresseurs pour alimenter la corne de brume qui entra en fonctionnement le 1er janvier 1927.

Le régime des sons était le suivant :

Toutes les 30 secondes, un son pendant 3 secondes suivi d’un silence de 27 secondes.
Ce rythme du signal fut modifié en 1932.
Cette année là aussi, la partie supérieure de la tour du phare fut peinte en noir sur 6,5 m.

Les instructions maritimes locales interdisaient aux bateaux de dépasser ce point en temps de brume et pour compléter la signalisation dans les coureaux un radiophare fut installé à la même époque.
La portée moyenne du son était estimée à 2 milles (3,7 km) mais avec tous les problématiques de la brume qui persistaient.
Le matériel était assez fragile car les archives parlent de 8 interruptions importantes de 1927 à 1940 année où l’occupation allemande mit fin à son fonctionnement (ainsi qu’à celui du phare réduit à une fonction de tour de guet.)

Le phare dans la brume le 22 avril 2018

Après la guerre, l’équipement de l’ancienne sirène fut démonté, son abri détruit et rebâti pour accueillir un nouvel équipement. Il arrêta définitivement de fonctionner en avril 1987 (malgré une pétition de l’Association des pêcheurs plaisanciers de Lorient qui l’appréciaient quand la brume tombait rapidement dans les coureaux !)

En ce printemps 2018, le bâtiment vient de retrouver son aspect extérieur de 1948 grâce à l’équipe « Espaces naturels » de la mairie de Groix en liaison avec le Conservatoire du littoral.

A l’intérieur, 4 grandes citernes métalliques sont les seuls vestiges de l’installation qui était reliée au phare par 300 mètres de conduits d’air comprimé et une ligne électrique.

Il ne reste plus qu’à répondre à trois questions que vous posez peut-être.

Q : Combien de jours par an ce signal sonore a-t-il fonctionné ?
R :D’après les relevés météorologiques pris entre 2000 et 2014, il y a en moyenne 30 jours de brume par an à Groix .

Q : Qui décidait de faire fonctionner le signal ?
R : Les gardiens du phare (il y en eut trois simultanément au maximum)

Q : Quand ?
Lorsque, depuis le bâtiment du phare, on ne voyait plus l’abri à 300 mètres.
Cela les obligeait à une veille permanente durant les périodes de brume.

A Saint Vaast la Hougue dans la Manche, la dernière corne de brume du littoral s’est arrêtée le 11 septembre 2013 (Ouest-France). Installée sur le phare à l’entrée du port dans les années 30, elle était surnommée « La gueulante », « la meuglante », ou même « la casse ..)

Si celle de Pen Men eut un jour un surnom, il n’est pas resté dans la mémoire collective.
Tout le monde sait que sur l’île les surnoms sont réservés aux humains !

A la fin des travaux l’équipe municipale et Jean-Luc Le Port le dernier gardien du Phare

J.C Le Corre Groix Avril 2018.

Sources principales : (Photos de l’auteur)

« Phares. Histoire de balisage et de l’éclairage des côtes de France ». Jean-Christophe Fichou. Noël Le Hénaff. Xavier Mével. E.d Le Chasse Marée 1999
« Au service des phares » Vincent Guigueno PUR 2001
« Les cahiers de l’île de Groix » Aux origines du paysage » . N° spécial mars 2001