Dimanche dernier, le Conseil municipal s’est occupé de l’installation à Groix d’une école de Marine. Je ne sais pas au juste quel sera le but de cette école. On dit que c’est pour faire des capitaines.
Le professeur serait payé par le Gouvernement ; la Commune lui fournirait son logement et le local où se ferait la classe. Tout cela a été adopté par le Conseil municipal.

On me permettra une réflexion.
Nous avons un local scolaire magnifique : 6 belles classes et une maison d’habitation spacieuse.
Dans la pensée des groisillons, ce local devait servir à tous les enfants du pays. On aurait eu 6 Frères pour leur donner une éducation chrétienne : 5 cours élémentaires et un cours supérieur où l’on aurait enseigné, si toutefois le besoin s’en était fait sentir, les choses qui appartiennent à un cours de Marine. Notre école aurait eu la renommée qu’ont déjà les grands établissements tenus par les Frères. Les jeunes gens des paroisses voisines seraient peut-être venus suivre le cours supérieur. On aurait eu un petit pensionnat toujours dirigé par les Frères. Et la dépense aurait été minime, surtout pour la Commune.
Mais une loi qu’on appelle avec raison loi scélérate, est venue chasser les Frères. On a installé dans le local de la Commune, contre la volonté du Conseil, une école absolument laïque, non-seulement dans son personnel, mais encore dans son esprit, c’est-à-dire une école athée où l’on n’a même pas, d’après la loi, la permission de faire un signe de croix ni de porter un catéchisme.
Et les parents, considérant une école athée comme un lieu de perdition pour leurs enfants, se sont imposé de lourds sacrifices, et ils ont eu leur école chrétienne. Et la paroisse a été coupée en deux. Et les dépenses scolaires se sont doublées. Et la grande école que nous rêvions, n’est plus qu’une chimère.
Avouons que cette loi scolaire athée nuit à l’instruction des enfants autant qu’à leur foi, autant qu’à la bourse des contribuables chrétiens.