Je suppose Monsieur que la semaine suivant votre élection a été très chargée pour vous et que vous n’avez pas eu le temps de vérifier vous-même dans quelles conditions ont été écrits les qualificatifs que vous avez stigmatisés lors de votre discours d’installation. Sans doute est-ce une âme charitable de votre entourage qui vous les a rapportés, sortis de leur contexte. Ce ne serait pas nouveau et j’y suis accoutumée.

Par contre, que vous en ayez fait une raison de diviser davantage (si cela est possible) vos concitoyens laisse un arrière-goût de déjà vu. Dommage !

Il y a parmi vos conseillers quelques personnes pour qui j’ai de l’estime et elles le savent. De même parmi vos électeurs. J’ai même de la sympathie voire de l’affection pour bon nombre d’entre eux. Parmi eux, une famille groisillonne qui sait d’où vient mon aversion du nationalisme : mes parents, résistants, ont caché en Normandie et protégé leur père ou mari, réfractaires au S.T.O. (demi-frère ou cousins de ma mère).

Ce qui a été entendu lors du dépouillement du 23 ou lu sur certaines pages de réseaux sociaux n’en est que plus désespérant.
Si l’on se fie aux résultats des différentes élections, on sait bien que le pourcentage groisillon de vote pour le Front National n’est pas négligeable. On sait aussi que parmi ses électeurs quelques uns sont loin d’être illettrés. Ce qui pose problème, c’est la frange de non informés, s’exprimant dans un français très approximatif et dont les seuls arguments sont la plupart du temps : "les étrangers dehors". Ne pouvant se mettre de Papou ou de Zoulou sous la dent, leur ennemi devient celui qui n’est pas né ici.

Depuis quasiment un an, leur refrain est "on veut des élus comme nous " sans se rendre compte que, dans une commune continentale, on préférerait par exemple des élus compétents et présents à l’année plutôt que des résidents secondaires "natifs".

Leur connaissance des lois, de la gestion d’une commune et des impératifs divers n’a d’égale que leur méconnaissance de l’orthographe !

Vous ne pouvez refuser leur bulletin de vote mais de là à les encourager dans leur dérive, il y a un pas qu’il serait, pour la collectivité, dangereux de franchir.