à Mesdames et Messieurs les parlementaires

Les salariés et les retraités se sont mobilisés dans des proportions exceptionnelles le 7 et le 23 septembre 2010 à l’appel des organisations syndicales. Le caractère injuste et inefficace de la réforme des retraites à l’examen au parlement puis au sénat, est à l’origine du conflit en cours. Cette réforme va aggraver les inégalités sans répondre aux enjeux de long terme. La méthode utilisée qui a consisté pour l’essentiel à recevoir les syndicats sans jamais réellement les entendre a contribué à accroître les tensions.

Les annonces du 8 septembre 2010 qui se veulent une réponse aux mobilisations ne modifient pas la logique globale de la réforme proposée. Les injustices demeurent. Le calendrier précipité ne permet pas d’être entendu.

Contrairement aux dires du gouvernement, les retraités ont de multiples raisons de s’impliquer dans les mobilisations.

Le projet maintien un mécanisme qui conduit à une baisse du niveau des retraites par rapport au salaire moyen. Chaque année les retraités perdent du pouvoir d’achat et doivent se serrer un peu plus la ceinture. Les réformes précédentes ont conduit à une dégradation généralisée du niveau de vie des retraités. Si la loi Woerth est votée, elle aggravera cette tendance. Le projet ne règle pas du tout la question du financement des retraites. Pour payer les retraites, il faut de l’argent dans les caisses et pour le trouver, il faut de nouveaux financements.

Une autre réforme est possible en prenant l’argent ou il est. Entre autres pistes, le rapport de la cour des comptes présenté le 8 septembre 2010 chiffre le montant des « niches sociales » (exonération des charges patronales, réduction des taux etc.) à 66,7 milliards en 2009. Une partie importante de cet argent pourrait servir à financer d’une manière efficace et durable les régimes de retraites.

Au total, le projet de loi de réforme des retraites fait reposer l’essentiel de l’effort sur les salariés et les retraités. Il ne répond ni aux questions d’emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités ni au besoin de financement. Les salariés et les retraités devraient accepter de payer la facture de la crise financière et économique dont ils ne sont pas responsables. Cette réforme est donc inacceptable.

Dans ce contexte, le vote de ce projet dans sa logique actuelle n’est pas d’actualité. C’est d’autant plus vrai que la mort de la retraite à 60 ans ne faisait nullement partie du programme électoral présidentiel, ni des programmes électoraux des parlementaires.

En clair, vous n’avez pas été élus pour cela...