Il est 19H30/20H... Je rentre des champs, poussiéreuse et fatiguée (mon
véhicule aussi d’ailleurs)... Me voilà rendue dans le Bourg...
Face à moi,un couple en vélo avec la charrette pour sa progéniture. Ils roulent en sens interdit (mais ils ont le droit ), de front. Ils occupent toute la rue.
J’avance doucement. Ils stoppent face à moi, toujours côte à côte, le
regard atone... ET NE BOUGENT PLUS !
Là, je réalise avec désespoir que je vais me coltiner un authentique couple de "blaireaux". Notez bien, je serais naturaliste, cela me ravirait mais là je suis juste fatiguée. Ostensiblement, la femme descend de vélo et commence à fourrager dans ses sacoches... ce qui doit vouloir dire en langage blaireau :
- "t’es pas parée de rentrer chez toi ma cocotte"
(enfin il me semble car je dois bien avouer que je ne parle pas couramment le "blaireau").
Lui, immobile, fixe toujours mon pare-brise. Devant le vide sidéral de ce
regard,je décide de la jouer façon Maureen o’ Sullivan dans Tarzan : beaucoup de gestes, peu de paroles. J’agite frénétiquement les
mains derrière le pare-brise, histoire de lui montrer qu’il y a un être
humain dans ce véhicule. Et j’engage une conversation des plus simples
avec mimiques à l’appui : "moi vouloir passer. Vous bien vouloir vous
pousser? Vous comprendre?"
Sur le pas de sa porte,un commerçant hilare applaudit. Le couple sent-il
une certaine moquerie à son égard? Toujours est il que l’homme fait un
signe à sa compagne. Elle se range enfin derrière lui et ils repartent, longeant mon véhicule, la tête haute, le regard lointain et fier...
Allez savoir pourquoi mais moi, ce soir au dîner, je mangerais
bien du blaireau !
Elizabeth Mahé




Commentaires
1. jeudi 29 juillet 2010 à 21:23,
pour Elizabeth
http://www.tarulympique.over-blog.com/article-la-recette-du-blaireau-farci-40426891.html
bon appétit :=))
jean
2. vendredi 30 juillet 2010 à 12:02,
C’est là que l’on apprécie ta prescience de prendre soin depuis longtemps de choisir au mieux tes locataires. On ne peut te rendre responsable de la présence de ces blaireaux sur le caillou.
Les loueurs "au black" sont-ils tous aussi vigilants ??
Pour certains, "bisness is bisness" est leur seule "éhique" ...
AM
3. vendredi 30 juillet 2010 à 17:23, par christian guyomar
Choisir ses locataire ???? Faire un choix c’est abandonner quelque chose C’est aussi donner un droit a certaine perssonne et pas a d’autre A mediter !
Christian Guyomar
4. vendredi 30 juillet 2010 à 17:34, par ty dub’s :: http://groix.over-blog.com/
pourquoi avez vous changé la photo, j’aimais bien celle des blaireaux à poils
5. vendredi 30 juillet 2010 à 20:58,
Un - j’vais pris une photo sans la créditer et avec le risque que les nudistes se fâchent de se voir traiter de blaireaux ..
deux - un de nos talentueux co-listiers a concocté un panneau spécialement pour Elizabeth :-))
6. samedi 31 juillet 2010 à 08:53,
Comme je m’en doutais un peu,mon livre de cuisine n’est pas complet.Donc merci à Jean pour cette recette du blaireau farci.J’aime beaucoup l’idée du blaireau/mayonnaise à manger froid le lendemain,.J’aime aussi la grande part de liberté laissée au cuisinier pour cette recette. Quant au panneau,stratégiquement placé dans le Bourg,il devrait remporter un grand succès !........................................Elizabeth Mahé
7. jeudi 5 août 2010 à 00:27, par Titi
Contrairement à Elisabeth je suis naturaliste et je m’insurge contre ceux qui louent des vélos à des blaireaux. Les blaireaux ne sont pas des bêtes de cirque il est honteux de les percher sur des vélos pour épater la galerie ou encore de mettre la descente du port à double sens exprès pour apporter au public des badauds ce petit frisson de plaisir malsain qu’apporte la mise en danger de l’artiste.
Je parie qu’il n’y a même pas de filet de sécurité en bas de la pente. Remarquez qu’un filet en bas de la pente à Port Tudy... avec l’élan ça pourrait faire des p’tits apéricubes de blaireau. C’est moins dangereux pour le cuisinier que la recette de Jean mais peut-être moins original aussi. Le problème c’est qu’il faudrait quelqu’un pour dégager les vélos coincés dans le filet entre deux passages.
Je laisse les édiles plancher sur ce délicat problème et retourne à mes moutons... choux... enfin bref tous ces trucs de naturaliste qui se mangent et nous changent du blaireau à tous les repas.
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