Jamais participé à une si belle et émouvante célébration avec, tout d’abord, la chance d’avoir eu un maître de cérémonie parfait.

Merci à Dom et ses fils d’avoir su et pu, malgré leur chagrin, organisé un si bel hommage à Marie. Un choix de photos toutes plus parlantes les unes que les autres retraçait sa vie, si remplie d’amour et d’amitiés.

Sachant ce qu’est la douleur de perdre un enfant, j’ai compati à celle de Madame et Monsieur Paugam.

Dom a d’abord lu un texte et un poème en l’honneur de "cette femme exceptionnelle" qu’était son épouse.

Le premier accompagnement musical était la superbe chanson de Roda Gil interprétée par julien Clerc

Catherine, l’amie fidèle, a choisi de raconter leurs années de jeunesse et le partage de leurs joies de mamans.
La superbe voix de Lhasa de Sela avec De cara a la Pared lui a succédé

Vint mon tour de dire adieu. Désolée, Marie, je n’ai pas été digne de toi, j’ai bafouillé, trembloté, tu aurais bien ri de me voir perdre mes moyens !!

Pour terminer, dans cette ambiance de recueillement, nous avons apprécié encore plus qu’à l’ordinaire les paroles (E Marnay) de la chanson de MIchel Legrand

« Comme une pierre que l’on jette
Dans l’eau vive d’un ruisseau
Et qui laisse derrière elle
Des milliers de ronds dans l’eau
Comme un manège de lune
Avec ses chevaux d’étoiles
Comme un anneau de Saturne
Un ballon de carnaval
Comme le chemin de ronde
Que font sans cesse les heures
Le voyage autour du monde
D’un tournesol dans sa fleur
Tu fais tourner de ton nom
Tous les moulins de mon coeur ».

A la demande de camarades au nom de qui j’ai pris la parole ainsi que de quelques-uns de ses proches, je me fais violence et publie le texte si peu littéraire que j’ai piteusement dédié à notre amie.

Adieu Marie ou plutôt adieu à deux Marie,

d’abord à celle qui n’assurera plus son rôle de lien dans le groupe dont je suis aujourd’hui la porte-parole et auquel tu offrais chaque jour les articles sur Groix que tu repérais dans la presse, et ceci malgré ton emploi du temps si chargé ! Tu nous faisais aussi profiter de ta connaissance du milieu lorientais.

Henri, Thomas, Martine, Didier, Renée, Isabelle, Yann et les autres vont chercher ta signature pendant un bout de temps avant d’admettre que celle qui partageait leurs idéaux de solidarité et de fraternité les a laissés sur la touche. La grande Faucheuse serait-elle aussi injuste que ceux qui gouvernent le monde ?

Mon adieu à toi petite Marie qui prend place dans mon coeur aux côtés de ma petite soeur, partie depuis si longtemps.

Que nous nous soyons rencontrées à Groix doit être la seule chose qui nous a rapprochées car plus différentes l’une de l’autre apparemment que toi et moi, ça n’existe pas. Toi si discrète, si douce, si réservée, mais un poète n’a-t-il pas chanté : "Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?"

L’amitié, c’est comme l’amour, ça peut unir des contraires si les valeurs de base sont les mêmes. Et pour ça, pas de doutes, nous étions bien sur la même longueur d’ondes. Nous étions si proches que je pressentais tes coups de fil, comme toi tu voyais dans le ton de mes écrits divers si mon moral était au plus bas. ça ne nous a pas empêché quelques fous rires téléphoniques !

Un autre poète populaire a écrit "On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va".

De même pour toi, Marie, s’il est arrivé que ta générosité, ta qualité de présence aux autres soit oubliées par certains, ton absence va faire un grand bruit dans leur ronron quotidien.

Mais c’est dans le silence de leur maison que Dom, François et Martin vont mesurer la perte de leur ange gardien, toi qui as fait face à tant de coups du sort.

Tu aimerais qu’on soit là en cas de besoin et dans la mesure de nos capacités, alors on te le promet, on fera au mieux.

Tu sais pourquoi je ne peux te dire au revoir, alors adieu ma belle et repose-toi, enfin.