II y a comme un paradoxe dans la révolte des élus des deux cents Villes d’art et d’histoire, rejoints par la puissante Association des maires de France.

Ils protestent contre le volet patrimoine de la loi Création, en débat au Sénat : le texte prévoit de leur confier (abandonner?) la délimitation des secteurs patrimoniaux à sauvegarder au sein des communes... Mais, lucides, ils ne veulent pas de cette responsabilité-là !

« Lorsqu’on s’engage dans une politique patrimoniale, on en prend pour plusieurs dizaines d’années, explique Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour (Cantal). Il faut donc garantir une certaine pérennité, qui était assurée jusqu’à maintenant par les services de l’Etat. » Or la nouvelle loi voudrait que ces périmètres soient désormais définis par les élus de l’intercommunalité eux-mêmes, et, à coup sûr, tous ne seront pas forcément sensibles au devenir d’un bourg éloigné. « Qui plus est, tout cela se ferait dans le cadre d’un document, le plan local d’urbanisme (PLU), qui s’avère beaucoup trop aléatoire.» En effet, à chaque alternance, le PLU, arme suprême de l’action locale, n’échappe pas à la révision. Et ce qui hier plaisait aux uns peut soudain fatiguer les autres...

Luc Le Chatelier Télérama