Certains disent que le documentaire n’attire pas les foules, et pourtant ce festival a rempli les salles au delà de toute espérance. Le Cinéma des Familles affichait complet à chaque séance et les salles de Port-Lay ne pouvaient accueillir la totalité des festivaliers qui avaient fait la queue pendant plus d’une demi-heure. Bref tous les cinéphiles de la planète s’étaient donnés rendez-vous à Groix !

Je voudrais par ce texte affirmer que le documentaire n’est pas le « parent pauvre » du genre cinématographique. N’oublions pas qu’il nous ramène au tout début du cinéma. Les premiers films des frères Lumière nous montraient des séquences de la vie quotidienne. Leur démarche était de saisir « le réel », la caméra était là pour nous transmettre une image bien vivante du monde.

Les innovations techniques et le développement du numérique ont beaucoup favorisé ce genre d’expression, mais il ne faut surtout pas confondre documentaire et reportage. Un documentaire est construit, ce n’est pas seulement une succession d’images enregistrées à un moment donné. Il peut emprunter toutes les formes d’expression et s’approprier tous les sujets. Il a pour but de faire passer un message et le réalisateur nous mène exactement là où il veut qu’on aille. Il n’est pas là pour asséner des certitudes, mais pour nous amener à nous interroger sur des questions essentielles de ce que nous vivons.

Et nous avons pu grâce à la créativité et aux implications politiques des réalisateurs, pénétrer dans un monde que nous ne connaissions pas. Nous avons été immergés dans les mers d’Irlande, plongés dans l’univers carcéral d’une prison corse, nous avons arpenté les bas quartier de Tamatave, partagé les situations intolérables des migrants ballottés par les mers et par les gouvernements. Nous avons vu les catastrophes dues au changement climatique, et celles que l’homme est aussi capable de commettre. Et nous avons avec conviction, partagé la lutte des chiliens de Patagonie. Quel talent de faire passer par l’image et parfois par une simple voix off, tant d’émotion et de contenu.

Alors oui, on peut dire que ce Fifig a sa place dans l’espace culturel international qui nous nourrit et nous aide à vivre !

Martine Netter.