Les réserves naturelles nationales sont des territoires où la conservation de la faune, de la flore, du sol, des minéraux et, en général, du milieu naturel présente une importance particulière. Elles se destinent aux éléments de la nature les plus précieux car rares et/ou menacés. Créées par décret ministériel et placées sous l’autorité administrative du Préfet de Département, leur gestion est confiée à un ou plusieurs organismes locaux. À Groix, la réserve naturelle est gérée par l’association Bretagne Vivante.

Comment protéger ce patrimoine naturel et géologique :
Un tel patrimoine géologique et naturel nécessite qu’on le protège : Certaines activités sont soumises à une réglementation spécifique telle que la tenue des chiens en laisse afin d’éviter le dérangement des colonies d’oiseaux protégés.
Mais une réserve naturelle est également un lieu d’interaction avec le territoire. Des activités telles que la chasse y sont autorisées avec une réglementation spécifique. L’utilisation de parcelles en réserve naturelle à des fins de pâturage peut être autorisée et a déjà été mis en place il y a quelques années. La réserve n’a nulle vocation à interdire la fréquentation, le site est totalement accessible aux promeneurs à pied. Cette réglementation est entièrement dédiée à la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel mais fragile et permet ainsi à tout à chacun d’en bénéficier.

Pourquoi une réserve naturelle à Groix ?

L’intérêt des naturalistes pour Groix remonte à la fin du 19ème siècle avec les travaux de Charles Barrois et du comte de Limur, qui signalent en 1883 la présence de minéraux rares tels que la glaucophane et le chloritoïde. Environ 60 espèces de minéraux sont recensées sur l’île, témoins d’une ancienne zone de subduction (il y a environ 370 millions d’années) ayant accompagné la formation de la chaîne hercynienne.
« La rareté, la taille et la beauté des minéraux de Groix attiraient de nombreux collectionneurs, de sorte que d’intenses (et fructueuses) récoltes ont conduit à appauvrir considérablement le site. Sa mise en protection s’est alors imposée (Journal Officiel en date du 23 décembre 1982). Il ne s’agit pas tant de protéger du pillage quelques cristaux de valeur que de laisser en place pour les générations futures les témoins de la subduction d’un océan. Laisser des témoins en place, c’est pouvoir, comme dans une enquête policière, (1) exposer à tous (des néophytes aux savants) les pièces du dossier, en tant que base matérielle d’un raisonnement scientifique et (2) poursuivre l’enquête, car, au fur et à mesure des progrès de la science, il sera nécessaire de revenir sur le terrain pour en prélever parcimonieusement quelques parcelles et compléter leur analyse. Telle est, telle sera, la vie de cette réserve.
Si la réserve naturelle de l’Ile de Groix ne devait concerner que les roches et les minéraux, ce serait déjà un succès. Mais il y a plus… La réserve protège aussi des pelouses aérohalines et des landes littorales à bruyères cendrée et vagabonde, des habitats exceptionnels à l’échelle européenne, et en outre une colonie d’oiseaux marins nicheurs. Ultime facétie du monde naturel, qui se joue de nos divisions, et entreprend de réconcilier sur un même site patrimoine vivant et patrimoine fossile ! » _ (Ballèvre Michel, plan de gestion 2016-2025, RNN Groix)

Un périmètre disjoint..justifié par une biodiversité remarquable :
La réserve naturelle se compose de deux secteurs :
- Le secteur Pen Men – BegMelen qui inclut des falaises d’un grand intérêt minéralogique, des colonies d’oiseaux marins d’importance régionale avec cinq espèces présentes (goéland argenté, goéland brun, goéland marin, cormoran huppé, fulmar boréal) et des étendues de landes à bruyères vagabonde et cendrée.

Le secteur de Locqueltas – les Saisies – la Pointe des Chats englobe l’ensemble de l’estran rocheux ainsi qu’une étroite frange littorale avec pelouses et fourrés. L’intérêt est géologique, ornithologique (limicoles) et floristique (plantes littorales).

Depuis la création de la réserve, 3191 espèces ont été recensées sur Groix dont 1212 espèces sur la réserve. (données mises à jours en 2016)